mardi 21 mars 2017

Of wrath and revenge : Le brasero ardent

La religion est l'opium du peuple, la colère fut sans aucun doute un opium tout personnel. Il galvanise mais rend malade à la fois. 

A une époque (même si c'est toujours le cas aujourd'hui, seules d'autres petites choses sont différentes) je me souviens avoir accueilli cette colère à chaque fois qu'elle se présentait. Comme un feu ardent qui réchauffe, ou au contraire, refroidit. Le feu de la rage le noyau glacial de la colère profonde. Quel plaisir intense de sentir cette adrénaline qui se précipitait dans mes veines, la contraction des muscles. Je me souviens d'avoir même parfois attendu qu'elle s'élève lorsque je ne me sentais pas à l'aise, que je me sentais en danger. C'est une émotion puissante qui donne plus d'impact à la morsure des mots. Certes, des termes durs peuvent sortir de la bouche de quelqu'un en pleine rage. Mais de mémoire, j'ai rarement dis quelque chose sous le coup de la colère que je ne pensais pas, quelque part.

La colère vient avec de nombreux outils. L'adrénaline, bien sûr, que j'ai évoquée. Mais aussi la finesse dans l’exécution de la vengeance. Plus profonde la colère, plus violente le retour de bâton. Prévoir des plans pour se venger sur des jours. Voire des mois. Placer ses pièces sur l'échiquier, calmement. Ce calme qui vient lorsque la colère est canalisée. Un seul but. Une seule direction.

Certains disent que se venger n'apporte pas le calme, ni la guérison, encore moins la consolation. Pourtant, je pense le contraire. Oui, parfois, œil pour œil et dent pour dent est une rampe à laquelle on s'accroche. Pour avancer. C'est un but en soi. C'est une manière de ne pas céder du terrain. De ne pas se laisser blesser sans blesser en retour. Une manière de dire "Vois comme tu as fais du mal, revoilà ce que tu m'as donné, je n'en veux pas."


Nemo me impune lacessit « Nul ne me provoque impunément. »
Je suis une personne assez attachée au principe d'égalité en général, au niveau de l'échange dans une relation. Que chacun en tire quelque chose. Dans les relations hostiles aussi, d'ailleurs. Aucun coup qui ne soit rendu, aucun affront qui ne soit ré-adressé.

Aujourd'hui, la colère vient plus rarement. Lorsqu'elle est là, en revanche, elle est plus pure. Je l'accueille toujours avec plaisir. Les petits pics de colère sont plus rares. Mais c'est toujours une émotion forte, dont la présence me donne de la force. La colère ne se dompte pas. Elle se chevauche.

Je me souviens aussi de ces instants où je pensais que la rancune que je portais ne connaissait pas de limite. Et c'est un fait. Une fois que quelqu'un s'attire mon courroux, je n'ai aucune raison d'offrir pardon, chance supplémentaire. Je le fais lorsque j'ai un doute, une fois. "Cross me once, shame on you. Cross me twice, shame on me." Et je ne compte m'encombrer de personne en qui je ne peux pas avoir confiance. J'ai bien assez à faire sans ça. La vengeance consumée, le bannissement de mon cercle prend effet une bonne fois. Et c'est terminé.

Je passe simplement à autre chose. Ca n'occupe plus mon esprit. Mais les frontières sont fermées pour quiconque n'est plus dans mon cercle de confiance. Un départ est définitif, un retour impossible et repoussé. Et au final... La vie est bien plus simple et plus agréable ainsi.

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