samedi 29 avril 2017

Of closure : Le meilleur pour tous

Après réflexion, et quelques heures de discussion à cœur ouvert et questionnements en profondeur, je me rends compte que certaines choses ne sont définitivement pas saines. Et si je ne compte pas m'arrêter de vivre et encore moins de m'empêcher de faire quoique ce soit, je sais aussi qu'il est inutile de remuer un couteau dans une plaie, garder un quelconque faux espoir chez quelqu'un, qu'en sais-je.

Je pensais que la situation était équivalente, chacun de son côté, mais non, apparemment une paire d'yeux se promenait au dessus de la clôture et regardait de mon côté. Puisque cette vitrine que je pensais juste un exutoire paisible ne l'est pas tant que ça, et qu'elle n'est pas indispensable à la communication entre ceux que j'aime et moi, elle n'a pas lieu d'être. C'est pénible de se dire qu'on ne peut pas faire ceci, aimer cela, sans que ce soit passé au crible, à l'aveu même de ceux qui le font. Ca ne me plaît pas, mais aujourd'hui, je m'en lave les mains. Chacun ses affaires, les miennes ici s'arrêtent avec ces mots.

Je n'ai absolument pas besoin de ces pages pour communiquer avec ceux qui sont loin, et si un jour je venais à éprouver ce besoin, j'userais d'autres moyens qui ne seront pas détectables ou accessibles autrement. Aussi bien pour moi, mais pas que.

Ces années à être suivie ainsi sur le net (et même au delà !) ne laissent en moi qu'un épuisement, une lassitude. C'est le mot exact. Lassitude. Agacement, plus rarement, mais lassitude surtout. J'ai la sensation d'avoir parlé dans le vide, communiqué sans que ce soit écouté, à chaque fois que je l'ai fais. Il est bien plus sain pour tout le monde de cesser de regarder par dessus cette clôture. Mettre un vrai point final. Ce n'est pas en touchant une cicatrice qu'elle peut prendre le temps de se former. On ne fait que rouvrir des plaies. Et quelle perte de temps, quelle perte d'énergie, quelle fuite d'affection qui devrait, ou pourrait, tout simplement, aller ailleurs. On pense parfois voir des signes où il n'y en a pas. Des messages pour soi où il n'y en a pas.

L'amour ne se nourrit pas d'obsession et de décisions allant contre ce que la cible souhaite. Au contraire, l'amour se nourrit de respect et d'acceptation de ce que l'autre veut. Si c'est exactement ce qui fait le fond de la situation, la suite des événements coule de source.

Cela aurait du cesser il y a bien longtemps.

vendredi 28 avril 2017

Of masks : Par la force des choses

Il arrive qu'il soit nécessaire d'afficher un visage sûr, confiant, ouvert, même si à l'intérieur cela ressemble bien plus au passage d'un cyclone. Je l'ai fais une grande partie de ma scolarité, je détestais ça, j'ai du le faire aujourd'hui et je le déteste toujours autant. Mais parfois, c'est indispensable. Il faut avoir l'air sûr, et dynamique, parfaitement au courant de ce dont on parle pour pouvoir avancer, sortir du lot. C'est comme mettre un masque par dessus son vrai visage. Si parfois il est plus confortable et permet d'éviter d'avoir à aborder des domaines qu'on ne souhaite pas avec des personnes qui ne sont pas proches, ou au contraire, trop proches, je porte un regard un peu navré et cynique sur ce masque. 

Lorsqu'on sait que les situations ne se débloquent que pour ceux qui ont l'air de flotter sur un nuage de perfection, ou au contraire ceux qui en rajoutent dans leur misère, tout dépend de ce qu'on brigue, on apprend à porter plus ou moins bien ces masques. Ne pas en porter est une libération, mais en remettre et se rendre compte qu'ils se fondent avec facilité sur son visage a quelque chose de dérangeant. Car on ne se déshabitue pas vraiment. 

Avoir entendu aujourd'hui de la bouche d'une prétendante psychologue qu'elle partageait tout avec ses patients et disaient les choses comme elles lui venaient m'a choquée. En grande partie parce qu'elle ne voyait pas en quoi cela pouvait porter préjudice à son patient. C'est triste, et j'espère sincèrement qu'avec le temps et l'instinct, elle verra que l’asymétrie de la relation n'est pas là pour rien. L'honnêteté est primordiale, mais tout dévoiler est contre productif. Effectivement, dans ce métier, comme dans tant d'autres, un masque est souvent nécessaire. Ce n'est pas le bon jour, ce n'est pas le bon moment, ce n'est pas la bonne personne. Tant de raisons peuvent compromettre un échange, qu'elles viennent de nous, de l'autre, de personne, de l'environnement. 

L'important lorsqu'on montre une identité à quelqu'un n'est pas tant d'essayer qu'il ne le remarque pas, mais plutôt d'essayer de ne pas s'y habituer. C'est une partie de nous, mais pas forcément la partie la plus vraie. On peut dire des vérités par cette bouche, mais on met une distance comportementale. Et parfois, c'est pour éviter de blesser, d'autres fois pour simplement passer au travers d'une situation sans causer plus de remue ménage, chez nous ou chez les autres.

Mais le jour où on s'habitue un peu trop à porter un masque, difficile de l'enlever sans avoir du mal à se reconnaître. Pour certains, non, le sourire vissé aux lèvres n'est pas agréable, il est épuisant. Non, être serviable avec cette personne ne semble pas juste, c'est une habitude qui fait grincer des dents. Mais parfois oui, c'est ainsi. On réserve ce visage sans aucun artifice à qui on souhaite, aux moments qu'on souhaite. Et clairement il n'y a aucune culpabilité à avoir, tant que les intentions ne sont pas nuisibles.

jeudi 27 avril 2017

Of repetition : Le naturel revient au galop

On a tous nos tendances naturelles. Être introverti ou extraverti. Réagir à la confrontation par l'affrontement ou la fuite. Passer aisément à autre chose ou ruminer. La répétition n'est pas tant une habitude que l'expression de notre caractère. Et plus le temps avance, plus on se rend compte que ce caractère a été façonné par les rencontres successives, par les événements de la vie, etc. Un rêveur aura du mal à devenir quelqu'un de terre à terre à 100%, et inversement. 

"Chassez le naturel, il revient au galop." Effectivement, ça n'a rien d'étonnant. C'est ce qui, aux yeux du cerveau, a offert le plus de satisfaction, ce "naturel". Même certains comportements très auto-destructeurs sont considérés comme libérateurs, agréables, par certains. Car c'est leur façon de gérer les situations, surtout difficiles. Ou d'éviter la déception en sabotant ce qui pourrait aller bien. Mais pourrait aussi, en théorie, aller mal. Un peu comme une addiction, certaines habitudes sont difficilement gérables tant elles envahissent, certaines jalousies, par exemple. Les origines peuvent être multiples, mais le quotidien devient épuisant.

On en revient à la même situation lorsqu'on rencontre de nouvelles personnes. On se rapproche bien souvent des équivalents. On se rend compte qu'on termine par attirer (ou accepter dans notre vie) le même genre de personnes. Par affinité, par la manière dont ils nous font sentir... Dans tous les cas, on retombe dans de vieux travers. Ou on attire des gens avec la même vibration. Lorsqu'elle est bonne, on peut potentiellement attirer les gens qui souhaitent aussi continuer à évoluer, et soutenir les autres. C'est assez étonnant comme les gens qui se ressemblent s'assemblent effectivement souvent si il n'y a pas de problèmes d'ego en fond, ou de conflits d’intérêts.  

Concernant le caractère, j'ai remarqué à quel point changer une façon de penser était compliqué, en particulier lorsqu'elle est habituelle, et a fait beaucoup trop de bien pour ne pas être un exutoire parfait. Et le seul moyen de s'éloigner de ce naturel qui n'est absolument pas positif est malheureusement soit de couper court, de la manière la plus brutale possible, et essayer d'avoir une volonté de fer. Ou être face à une situation où ce naturel fait trop mal. Ou le mauvais surpasse le bon, et l'échappatoire parfaite. C'est une sensation terrible, tout est drainé, tout est perdu. Tout est vide. 

Ne plus savoir où on en est aurait tendance à nous pousser vers ce naturel, pour nous rassurer, retrouver une régularité. Mais c'est impossible cette fois ci. 

La réalité et le réalisme, être pragmatique dans un cas où je préférerais m'enfoncer à nouveau dans l'imagination... C'est de loin ce qui me pèse le plus. Mais c'est pour le mieux. Au bout du compte, ce sera libérateur d'un cercle infernal.

mercredi 26 avril 2017

Of despair : Rejoindre le fond des abysses

C'est comme regarder le ciel étoilé, illuminé, tout en flottant dans l'eau, immobile. Être tombé du bateau et s'étonner de ne pas avoir coulé à pic. Mais progressivement, on se rend compte qu'on coule. Tout doucement. L'eau grignote sur le corps, tout devient pesant. Tout pèse. Et lorsque même le visage y passe et que l'eau commence à tout envahir, on s'étonne presque de ne pas avoir le réflexe de bouger. Les bras. Les jambes. Quelque chose. On arrive à penser que la sensation de l'eau brûle les muqueuses et fait hurler les poumons. "It hurts." Rien de plus. La lumière avant si claire se trouble, se brouille. Elle se fait engloutir aussi.

On sait que couler est inexorable. Ce qui a renversé le bateau est presque aussi intolérable que cette sensation de s'enfoncer dans les abysses. C'est lui, le désespoir. Cet arrêt des réflexes pour remonter à la surface. L'eau qui recouvre le visage. S'insinue partout. Et la longue, lente descente. Et cette lumière qui disparaît au dessus de soi. L'a t-on jamais vraiment connue, au final, cette lumière ? Tout semble si sombre, en bas. Mais étrangement, si silencieux, aussi. Tout ce qui fait rage à l'intérieur est entouré d'un silence incroyablement profond. Qui peut être apaisant pour certains, c'est mon cas, ou angoissant pour d'autres.

C'est une sensation qui est difficilement descriptible en partie lorsqu'on ne l'a pas vécue. Et même lorsqu'on est passé par là, je me rends compte avec le recul qu'il est difficile d'en faire une autopsie. C'est juste un ici, maintenant. Une absence de tout ou presque. Juste cette chose qui nous mange de l'intérieur. Sans rien montrer. Progressivement, le désespoir envahit. Pas de colère pour donner un coup de jambes rageur et remonter à la surface. Pas d'explosion de rage, dans ce désespoir progressif, qui ferait se débattre contre l'inexorable gravité vers les abysses. Juste une passive descente, douloureuse. Car oui, la douleur, elle, est omniprésente mais si envahissante qu'elle arrête tout. Elle paralyse.

C'est un de ces désespoirs qui vous enlève même qui vous êtes. Tout disparaît. C'est ce désespoir qui s'installe lorsqu'on a la sensation de n'être personne. "From Nothing to No One." C'est passer de quelqu'un inclus dans une société établie, mais sans aucun statut... A même se sentir étranger au milieu de tous ces groupes. Nulle part. Pas seulement un membre invisible de quelque part. Un membre invisible de nulle part. Regarder dans le miroir et ne rien voir. Rien du tout. Demander sans cesse à ce reflet qui nous sommes, et ne recevoir que cette réponse. No One. Indéfinissable. Inclassable. Le rêve de tous ceux qui ne veulent pas appartenir au troupeau, être des outsiders. Mais ils ne comprennent pas qu'être personne n'est même pas être un outsider. C'est n'être personne où que ce soit. C'est ce genre d'événement qui provoque le désespoir progressif. Une crise. Soudaine, mais qui ébranle jusqu'aux fondations de ce qu'on est. Et contre laquelle on ne peut rien.

C'est une sensation que personne n'a hâte de rencontrer à nouveau. Dont on ne connaît pas le délai avant la fin. Combien de temps avant d'atteindre le cœur des abysses...?

mardi 25 avril 2017

Of uncertainty : Le tremplin

Prendre des décisions fermes et définitives est une chose que j'aime faire. Je n'aime pas revenir encore et encore sur mon avis, à moins d'une excellente raison qui me fasse analyser à nouveau la situation. Je prends du temps pour arriver à un choix, et ce n'est pas pour rien. Je préfère être sûre de moi pour ne rien regretter. C'est ma plus grande appréhension. Le regret. Du coup, je prends parfois des jours, des mois, voire des années avant de me sentir prête à faire quoique ce soit, si la situation ne va pas ouvertement contre une de mes valeurs. Pour prendre en compte tous les scenarii, ne pas regretter quoique ce soit. Peser le pour et le contre avant d'ouvrir ou porte ou la fermer. Et lorsque je dois revenir sur une décision, au vu de nouveaux éléments, cela me prend souvent autant, si ce n'est plus encore, de temps. 

Mais entre la prise de décision et la nécessité de la prendre existe cette période d'incertitude. Un choix cornélien demande une réflexion à grande échelle, des situations diverses, un réel retour sur soi, aussi. Mais il existe aussi des situations, et de loin les plus anxiogènes à mes yeux, où l'incertitude ne vient pas de moi. Elle existe car je ne suis pas celle à prendre la seule décision. C'est une situation où je peux aussi bien réussir qu'échouer, et ça ne repose pas que sur moi. Malgré toute la préparation, les heures passées à me demander si la situation est idéale, je sais qu'une partie de l'issue ne repose pas sur moi mais sur des facteurs sur lesquels je n'ai aucune prise. 

Cette même incertitude arrive parfois aussi avec certaines personnes. Lorsque je ne sais pas exactement quoi penser d'elle, que j'ai trop peu d'informations, je commence à analyser tout ce que fait, dit, montre cette personne. Les échos que j'ai d'elle. J'essaye de trouver un juste milieu afin de ne pas me faire avoir, mais de ne pas faire preuve de trop de préjugés non plus, ce n'est pas le but. Avec le temps et l'expérience, j'ai réalisé que j'étais plus méfiante et ça a rarement été un mal. Mais les extrêmes que je peux ressentir à la fois pour une personne que j'ai du mal à cerner me donnent la mesure de mon incertitude, mon incompréhension. Je comprends la fascination mêlée d'une certaine défiance. J'ai même déjà compris comment amour et haine pouvaient se mêler sur un même plan. Le curseur entre les deux est plus modulable qu'on peut le penser. 

Je vis encore aujourd'hui dans l'incertitude, concernant de nombreuses choses. Me lancer dans des projets majeurs, transformer mes relations avec certaines personnes, tenter de continuer ou non à faire preuve de curiosité, sans savoir si je veux connaitre les réponses à mes questions... Il existe des domaines où on pense qu'on veut savoir et où la réponse fait mal. C'est ainsi. Le plus dur choix est probablement de se demander si son intérêt surpasse l'angoisse. Bien souvent, j'opte pour savoir, en particulier en terme de connaissances théoriques et approfondissement des choses. Probablement parce que la curiosité fait partie de ma personnalité. J'écoute, je lis, j'apprends. Je vois beaucoup de choses qui se passent, et j'enregistre ce que j'observe, souvent plus que pensent les gens d'ailleurs. Et lorsque j'en sais beaucoup, assez pour me faire une idée, je passe à autre chose.

Et au moins, une fois qu'on a la réponse, inutile de revenir dessus, cela ne reviendra plus nous hanter et pourra être classé.

lundi 24 avril 2017

Of fatherhood : Coup de poker

Je n'ai pas forcément eu le meilleur exemple en terme de paternité, dans ma vie. J'ai eu un excellent exemple de grand-père, en revanche, mais père, c'était une autre histoire. J'ai vu des oncles géniaux, qui avaient l'air différents avec leurs enfants. Pas forcément mauvais. Pas forcément les meilleurs. J'ai vu autour de moi des personnes qui avaient leur père et auraient souhaité ne pas en avoir. D'autres n'en avaient pas et en souffraient. Pour ma part, et étant donné l'explication et le recul que j'ai eu sur la situation, je me rends compte que je n'en ai jamais manqué. Pas du père en tant que tel. J'avais d'autres exemples masculins et ça ne m'a pas empêchée de pouvoir me rendre compte que les hommes ne sont pas tous mauvais, au contraire, certains sont excellents. Et pourtant, aujourd'hui, il est vrai que je me pose des questions sur ce rôle que je connais peu. Et que je ne connaîtrai jamais étant donné que je doute me réveiller demain dans la peau d'un homme. 

Lorsque j'ai vu mon cher et tendre pour la première fois avec des enfants, j'ai réalisé qu'à priori, je n'avais pas de souci à me faire. Le désir d'enfant était présent depuis un moment, mais ce n'est pas ici la question. Simplement, j'y avais réfléchi, en fonction aussi bien de mon histoire, de la sienne, de ce que j'avais pu voir, de nos échanges à ce propos. C'est assez étrange d'ailleurs d'imaginer ce changement de statut chez quelqu'un qu'on connait peu, puis de mieux en mieux. Parfois ça coule de source, comme ici, parfois non. 

Dans tous les cas, le changement est au rendez-vous. Si il n'y a pas de changement, souvent, il n'y a pas d'adaptation à la nouvelle situation. Au fil de mes études, et encore plus cette année, je me suis penchée sur ce qu'on attribuait aux pères. Ce qu'on attendait d'eux. Mais aussi le soin qu'on leur apportait, ce qu'on pouvait faire pour les aider à vivre la transition. Non, ce n'est facile pour personne. C'est un challenge qui se prend à bras le corps, un changement de statut. Pas assez investi, le père s'efface. Trop investi, le père se retrouve chargé d'une quantité considérable de nouveauté à gérer. C'est un saut dans la nouveauté, peu importe le nombre d'enfants, mais encore plus lorsque c'est le premier.

Je suis assez étonnée, à vrai dire, de voir la dichotomie entre les demandes. Être là à 100% et s'investir dans la grossesse mais ne pas trop en faire. Être au petit soin mais continuer à ramener de l'argent. Voir dans la femme uniquement sa femme, la femme sensuelle et pas la femme mère, ou au contraire ne pas la voir autrement que comme cette mère, dans un tabou encore ancré. Il ne faut pas la désirer. S'investir dans les choix par rapport à cet enfant, et pourtant entendre que ce n'est pas son corps, qu'au final, le choix repose sur la mère. Je pense qu'il est difficile aussi pour une mère de savoir où se placer. Certes son enfant est biologique, aucun doute. Contrairement au père qui peut d'ailleurs en douteur. Mais surtout, il faut réussir à savoir où se placer au milieu de ce trio (voire plus, en cas de grossesse multiple). C'est compliqué, c'est une nouvelle aventure. Mais tandis que les mères ont de multiples études faites à leur sujet, que le soutien psychologique leur est souvent proposé en pré et post natal, les pères sont parfois un peu perdus au milieu de tout ça. Cela m'a étonnée de voir l'inégalité flagrante d'études sur ces papas. Oui, ils peuvent souffrir de la remise en question des affects de leur enfance. Oui, ils peuvent se sentir coupables aussi. Oui, ils ont envie de passer du temps avec leur enfant et sont capables de s'en occuper. Oui, ils ont des soucis avec leur estime d'eux même lorsqu'ils se demandent si ils vont être à la hauteur. Minimiser la pression sur leurs épaules est une grave erreur.

C'est un grand pas à faire à deux. Mais surtout, si la relation ne tombe pas en morceaux avant cet enfant (et en particulier si il n'a pas été fait pour tenter de sauver une relation, ce qui au final marche plutôt mal), quelle aventure à commencer ensemble ! Et non, être parents et être amants n'est pas incompatible. Non, mettre au monde un enfant commun n'est pas forcer la passion à s'éteindre. Au contraire. C'est redécouvrir l'autre, mais se rendre au compte que ce temps passé avant l'enfant n'a pas disparu. Il n'est pas mort. Il a mené à la concrétisation de l'amour, quelle beauté ! 

Laissons donc à ces papas (ou mamans n'ayant pas porté l'enfant, d'ailleurs !) l'occasion de prendre soin de cet enfant comme il a pris soin de son aimé(e) avant ça. Tout le monde découvre. Découvrir ensemble fait aussi partie de la situation. Ne laissons pas le stress nous manger. Ne laissons pas l'incertitude avoir raison de ce qui a été assez beau et intense pour donner un petit être. 

Et même dans les situations où arrive la perte, volontaire ou non, d'un enfant, les papas aussi souffrent. Bien sûr qu'ils vivent un deuil. Ils ne l'ont pas porté mais ont connu l'existence de ces cellules pouvant devenir un bébé, ou déjà foetus. Eux aussi peuvent passer au travers de durs moments. Se sentir mal pour leur femme, se sentir perdus et vides. Car oui, eux aussi construisent peu à peu leur attachement. Et quel parcours ! Ils ne rencontrent cet enfant que plus tard, concrètement. Mais dans leur esprit, certains papas connaissent cet enfant dès leur conception. C'est ainsi et disqualifier la douleur et le deuil serait aussi injuste que de dire de passer à autre chose à une mère qui perd son enfant. Le rythme de chacun est différent. Acceptons le aussi chez les pères. Ils ne sont que rarement juste des 'géniteurs', lorsqu'ils restent après avoir appris la grossesse. Ils fondent une famille, ou l'agrandissent.

Ceux qui choisissent de partir ont probablement leurs raisons aussi. Historiques, environnementales, liées à un chantage, ou à simplement une absence de sentiment. Un accident. Et ceux qui ne souhaitent pas endosser ce titre de père n'en sont tout simplement pas. Ce n'est sain pour personne de forcer un statut sur une personne qui ne le souhaite pas.

Prenons le temps, parfois, de remettre tous ces hommes dans leur contexte. Un jour, ils ont appris qu'ils avaient créé la vie. Ils ne le voient souvent pas immédiatement. Ces deux traits sur un bout de plastique semblent abstraits, mais n'empêchent pas de commencer à se projeter. D'autres commencent en voyant l'écran s'animer, en entendant ce coeur qui bat. Et eux aussi, passent parfois des nuits blanches à se demander comment faire face à tout ça, sans inquiéter leur femme, sans dévier du modèle de "l'homme fort". Acceptons donc que tout le monde ait des faiblesses. Nous en avons tous. Le plus important, après cela, est de ne dénier aucune aide à l'autre et simplement grandir ensemble. Comme avant cet enfant. Chaque jour, un pas de plus. Un jour de plus. Une expérience en plus.

dimanche 23 avril 2017

Of body : Carcan & enveloppe

Je ne me souviens pas vraiment d'un moment, en tant qu'humain un minimum autonome et capable de marcher, où je me sois sentie bien dans ce corps. Je sais que l'origine remonte à l'école, ou la nourrice, mais en tout cas, cela a commencé très jeune, ces piques, des enfants surtout. On dit bien que les enfants sont des êtres cruels. La plupart le sont parce que leurs parents le sont aussi. Pas tous, mais cela s'observe à la sortie des classes. On reproche aux enfants d'être des brutes, ou d'être maltraitant avec leurs camarades, mais il est important de se pencher sur l'exemple qu'ils ont eu.

Il est tout sauf facile de vivre avec des complexes, encore plus lorsque vous sont martelées chaque jour des mots qui vous rappellent que quelque chose chez vous est différent. Il est naturel pour un enfant de chercher des amis, de participer à un groupe qui leur convient. Etre rejeté n'aide pas à se sentir à l'aise en société. Et tandis que les plus méchants ou les plus bruyants sont vus comme extravertis et des leaders, les plus discrets commencent à s'effacer sur le banc de touche. Certains s'épanouissent de côté, ce fut mon cas par moment, mais je restais terriblement consciente qu'il s'agissait d'une mise de côté à cause du physique. Les vêtements, la silhouette, cela ne rentrait pas dans leur moule. Et plus j'étais mise de côté, plus je découvrais ailleurs du réconfort. Exactement là où il ne fallait pas. C'est mon point sensible, une de mes kryptonites. 

Cela ne s'est pas arrangé avec le temps. Il existe sur le net un extrait d'une conversation qui m'a frappée : "Souvent, lorsqu'on regarde un mot trop longtemps, qu'on le regarde trop longtemps, il perd son sens. Et si c'est ce qu'il se passait avec le corps des gens complexés ?" On focalise bien sûr énormément sur ce qui ne va pas. Et tout se focalise autour d'un seul problème. On devient le problème, on ne voit plus que ça. 

En regardant en arrière, je me demande quel problème je pouvais bien voir sur moi. Et je m'en souviens très bien, puisqu'ils persistent. Et la même sensation reste. Cette sensation qui fait que parfois, on ne peut même pas se regarder dans un miroir. Ou juste le regard. Et surtout pas le reste. Surtout pas ce corps qu'on déteste, encore plus lorsqu'on essaye de le changer. Et qu'il reste ainsi. Pas de mouvement. Pas d'amélioration. C'est un nouvel échec.

Je me souviens, plus jeune, m'être demandée pourquoi ce corps était si versatile. Comment certains arrivaient à le modeler à leur guise, alors que d'autres persistaient à stagner dans un état qui ne leur convient pas. Et pourquoi certains s'attaquaient même à ce corps en le martyrisant. Pas de nourriture, trop de nourriture, forcer le retour des aliments, le brûler, le couper, non pas pour l'orner comme dans les scarifications rituelles, mais juste pour avoir un exutoire.

Je me souviens m'être demandé si la sensation de libération était réelle. Je me souviens de cette fille dans ma classe, les bras bardés de cicatrices. C'est assez étrange car je trouvais au final que ce mélange de cicatrices avait quelque chose d'assez ornemental. C'était un soulagement, quelques années après, de voir ces cicatrices vieillies. On ne peut souhaiter à personne de connaître un mal-être assez grand pour devoir tailler dans son corps afin de ressentir une autre douleur. Ou ressentir quoique ce soit. Je me souviens avoir, par curiosité, usé d'une de ces 'techniques' si on peut appeler ça comme ça, de scarification. Pour voir. Pour comprendre. Je n'ai pas ressenti la libération, ni de mieux temporaire. Ce n'était pas mon exutoire personnel. Au final, ce n'est qu'un symptôme, un moyen de chercher un peu de réconfort. Je n'y ai trouvé aucun, mais j'ai cherché à comprendre, car c'était un terrain inconnu. Et j'ai saisi quelques bribes. Pour certains, je pense, le rituel fait beaucoup. Cela demande une certaine mise en place, un certain calme apparent alors que tout à l'intérieur est chaos, un premier geste pour commencer. 

Avec le temps, le complexe n'est pas parti. La confiance en soi, elle, s'est fait la malle. Mais ma vision au corps en général a changé. Il peut faire le bien. Il peut faire ressentir de bonnes choses. Il peut fabriquer des choses absolument superbes. Et surtout, plus on le martyrise et moins il est accueillant, moins on se sent à l'aise dedans. Beaucoup, en société, et surtout jeune, ne comprennent pas les conséquences de leurs mots. Ce n'est pas une blessure seulement immédiate. Cela suit toute une vie. Et plus c'est répété, plus la personne ancrera ces mots en elle et deviendra persuadée que c'est la réalité. Même en ressentant un besoin de puissance, il serait grand temps que dès la petite enfance, on fasse comprendre aux enfants que non, ce n'est pas une option. 

samedi 22 avril 2017

Of perseverance : Remonter dans le bateau

Se relever n'est pas facile. Mais c'est nécessaire. On a tous nos facilités à rebondir après un choc, un ratage. Qu'il soit minime ou majeur, la capacité à se remettre debout et repartir, voire retenter quelque chose, n'est pas aussi aisée et automatique qu'on pense. Voir quelqu'un tenter de se relever, lutter, a tendance à inspirer, ou en tout cas, à m'inspirer. Je suis absolument ravie de voir quelqu'un vouloir avancer dans la vie et ne pas rester au sol, s'accrocher à ce qu'il a, sa famille, ses hobbies. La vie.

Une chose que j'ai pu observer avec le temps, c'est que plus on prend l'habitude de se relever, plus cela devient un automatisme. Ce n'est pas plus facile, mais c'est comme ça. Avec le temps, les situations compliquées s'accumulent, les probabilités d'échec aussi. Il faut bien tomber quelques fois, mais on continue quand même. Il arrive à tout le monde de devoir s'y reprendre à plusieurs fois pour arriver quelque part. C'est dans ces moments là où on choisit de persister au lieu d'abandonner qu'on se découvre une capacité immense à supporter. Supporter l'adversité, supporter l'attente. Savoir quand patienter, quand se lancer. On apprend de ses erreurs, et avec un peu de chance et surtout, beaucoup de persévérance, on finit par y arriver. Par un moyen ou un autre. 

Le plus on s'investit dans un projet, le plus on a de chance qu'il aboutisse. C'est une observation que je vois se confirmer souvent. Se donner à 100% donne des résultats, bien plus que 'tenter, pour voir'. Il faut être prêt à le faire, prêt à passer au delà. Il faut se sentir capable de le faire, aussi.

Si cela rate à nouveau, même après cet investissement, on saura. On saura que c'est un facteur extérieur. Ils arrivent. Mais on saura qu'on s'est donné les moyens. Qu'on aura pris le taureau par les cornes et qu'on aura tout fait pour que ça marche. On saura qu'il ne faut pas tant se blâmer que se dire que parfois, le sort est ainsi. Et se relever à nouveau. Faire un choix. Et repartir à l'assaut, ou se dire que peut-être qu'il y a un autre angle, un autre projet. Ne pas se laisser décourager, ni par les statistiques, ni par les on dit. Ce on est une somme de bruits de couloir et de rumeurs, de réalité déformée pour faire plaisir à quelqu'un et ne pas plaire à quelqu'un d'autre. Il ne faut les écouter que d'une oreille. Ce qui compte, c'est se préparer, y aller comme si il n'y avait aucune rumeur. Et voir ce que ça donne.

Ce n'est pas facile de se lancer, ça ne l'est pour personne. Mais tandis que certains reculent, ne se sentant pas prêts, d'autres ont pris le temps et se sont lancés. Parfois à tort, parfois à raison. Mais ils l'ont fait. Ils ont tenté, ils ont vu par eux-même. 

Concernant le "dois-je ou non faire ceci" il n'y a pas tant de bonne réponse que la nécessité de se demander si on veut passer au delà, si on veut réussir, réellement, si on veut le faire. En pesant le pour et le contre.

Rien n'est impossible. Prendre son envol et ne pas regarder en arrière, c'est l'étape la plus difficile.

vendredi 21 avril 2017

Of perspective : Prendre de la hauteur

Lorsque les choses sont difficiles, l'idéal est de prendre un peu de recul, un peu de hauteur.
Il n'est pas toujours aisé de persévérer. C'est même parfois avec la sensation que cela ne donnera rien qu'on se relance dans l'aventure. Parfois, ne serait-ce que tenter de faire un petit pas en arrière aide à remettre les choses en perspective. C'est exactement ce qui est nécessaire lorsqu'on a la sensation de patiner. Remettre les choses en perspective.

A chaque crise identitaire, ou sur le pourquoi et comment je fais telle ou telle chose qui me pose des soucis, je me pose ces questions : Pourquoi te lèves-tu chaque matin ? Que cherches-tu à obtenir ? Est-ce que cette chose est indispensable à ton futur ?

En général, à ce moment là, je reprends conscience du réseau tout autour de moi. Que je ne fais pas ces choses désagréables juste pour les faire. Mais que je les fais afin d'obtenir quelque chose plus tard. Arranger une situation. Etre plus autonome. Apprendre plus de choses. M'assurer une situation. Rendre la vie plus facile. Le poids sur mes épaules me semble lourd, mais au vu des bénéfices, est tolérable. 

Il arrive aussi que prendre du recul montre que quelque chose est fait pour rien. On s'oblige à faire quelque chose, sans résultat probant. On s'impose des heures pénibles et anxiogènes pour rien. Et ces moments un peu en retrait aident à voir ce qui ne fait que nous bouffer. Nous envahir. Sans aucune raison valable. 

Après ces réalisations, bien sûr, il ne faut pas négliger le facteur humain. On peut savoir que persévérer serait une bonne idée mais avoir besoin et envie de faire une petite pause. Ou simplement abandonner, et perdre de vue ses ambitions à long terme aussi, en choisissant d'autres. C'est parfois nécessaire pour faire table rase. Difficile, mais pas impossible. On peut aussi savoir qu'il faudrait tout arrêter, car ça ne mène nulle part, ça n'apportera rien. Mais vient ici la question qui se terre dans l'ombre : Pour quelle raisons sommes-nous poussés à continuer ? Quelle étrange satisfaction cela apporte t-il ? A t-on peur de repartir de zéro ? Cette situation d'échec n'est-elle pas, au final, quelque chose de plus rassurant que l'inconnu ? Ne tient-on pas à un espoir, qu'on pense mince, mais qui en réalité n'existe pas ?

Chaque situation apporte son lot de statuts, son lot de situations auxquelles on se familiarise. Jusqu'à l'épuisement, lorsqu'au final, on ne récolte rien de ce que l'on sème. Concentrons nous sur les batailles qui valent la peine d'être vécues et laissons s'échapper, après un petit tour dans les hauteurs, et avoir pesé le pour et le contre, ces inutiles boulets qui ne font que tirer vers le bas.

Aimons-nous assez pour ne pas nous imposer un fardeau inutile.

jeudi 20 avril 2017

Of loyalty : La tour de guet

J'ai toujours eu une tendance assez naturelle à apprécier la loyauté. En tant que telle. La qualité en elle-même, même si elle ne m'était pas adressée. Ce serait hypocrite de dire que je n'apprécie pas qu'elle soit dirigée vers moi, évidemment. J'ai toujours apprécié ça chez ceux qui m'entourent. La loyauté mutuelle a quelque chose d'extrêmement gratifiant et sécurisant.

Il n'y a rien d'étonnant à ce que je m'entoure de peu de personnes. En particulier parce que je n'aime pas partager mes secrets avec n'importe qui, surtout quand je sais que je ne peux pas tout aborder. Les gens dans mon cercle restreint n'ont pas de souci avec qui je suis. Ce que j'aime. Ce que je décide. Car cela ne les exclue jamais, je les garde auprès de moi avec plaisir. Je fais front commun avec eux. Si ils peinent, je peine avec eux pour les aider. Si ils veulent se lancer, je fais mon possible pour les soutenir. Je fais mon possible pour mettre à leur disposition tout ce que j'ai en terme de soutien moral, physique, juste une présence sans mot, parfois. Ce genre de relation se passe de grands discours, lorsqu'on retombe dans des émotions si profondes. Bâtir un mur de calme contre tout ce qui attaque au dehors.

Le respect pour ceux qui le méritent et s'épaulent sans flancher. Pour ceux avec qui les choses ne sont pas simples mais sont apaisées. La loyauté n'est pas suivre bêtement un leader, bien au contraire. C'est une sorte d'amour, sans romance obligatoire, mais un amour pour la liberté d'autrui et pour sa propre liberté, mais choisir de rester ensemble et avancer, non pas par intérêt superficiel, mais par une authentique volonté venant de soi. C'est un groupe, pas forcément le plus grand, pas forcément le plus accueillant lorsqu'on est à l'extérieur. Mais en y entrant, c'est être sûr que les gens à l'intérieur seront là pour toi, en sachant que tu seras là pour eux.

J'étais presque étonnée d'avoir un écho si rapide de celle qui m'a occupé l'esprit un moment depuis ce début de mois où nous nous sommes rencontrées. Et je lui ai découvert des tendances de sentinelle prononcées. Non pour obtenir quelque chose de moi, mais simplement pour m'alerter, m'apaiser, aussi. Et parler de tout ce qui peut graviter autour de moi. Tout ce qui voudrait se cacher le placard. Ensemble, nous avons simplement échangé. Déroulé le tapis rouge aux souvenirs, en profondeur, sans fard. Au contraire, j'ai pu expliquer les choses avec calme. Recevoir un avis extérieur. Simplement exposer les pourquoi, les parce que, la volonté de ne pas alimenter un feu déjà mort. La lassitude.

Qu'elle m'ait expliqué les choses assez sommairement m'a suffit, à vrai dire. Et puisque je sais que tu lis, même en français que tu dis maîtriser peu, sache qu'il n'y a rien à regretter et que ce n'était pas aller au delà des limites. Tu me fais penser à une chanson en particulier, d'ailleurs : "But did you know, that when it snows, my eyes become large and the light that you shine can be seen." Ces derniers jours, j'ai la sensation qu'il neige tous les jours, et quel sensation exceptionnelle...

mercredi 19 avril 2017

Of grief : Un nouveau passage

Cela fera bientôt 10 ans qu'une personne qui m'est chère est décédée. A vrai dire, c'était un pilier dans ma vie et lorsque j'ai vu les effets de son décès, au delà du deuil, je me suis étonnée à voir revenir le mien. Pas le deuil qui fait pleurer et met au fond du trou. Plutôt celui qui montre comme un vide ne peut être re-rempli derrière, quand une personne ou même un animal s'en va. Et c'est tant mieux. Car ces êtres étaient irremplaçables et ils doivent rester ainsi. 

On ne remplacera jamais quelqu'un qui est parti, lorsqu'il avait une place importante dans notre vie. C'est un vide normal, qui peut faire mal au départ, mais qui n'a rien de négatif. Au contraire, ça montre qu'on a aimé, ou détesté, qu'on a ressenti. Et après tout, la vie, c'est ça aussi. Ressentir. En bien, en mal, mais se construire. Ce vide ne doit pas chercher de béquille, même si il donne le vertige. C'est un puits à souvenir, et il s'agit de ne garder que les meilleurs, à la surface. Lorsqu'une personne s'en va, le travail de deuil consiste à réussir à vivre sans cet être. C'est très difficile, surtout lorsqu'on était proches, mais c'est nécessaire. Un deuil, de quoique ce soit, s'achève bien souvent sur la fin de la douleur, intense, et le fait de se dire "Il y a eu des bons moments". C'est à ce moment là que les mauvais s'estompent, et les bons persistent. Garder la douleur, c'est ne pas se sentir encore à même de se libérer de tout ça. De cette envie que le vide soit re-rempli à nouveau. 

Il ne se remplira pas. Et parfois, il faut juste l'accepter pour ce qu'il est. Un départ, un changement. De nouvelles lumières sur de vieux souvenirs. La nostalgie et non pas l'acide et envahissante douleur que ça ne reviendra plus. 

Je doute que le travail de deuil commence toujours au départ, à la mort. Parfois, elle commence avant. Lorsque la décision de laisser partir quelqu'un se profile. Ce n'est pas un abandon. C'est accepter de voir la vie telle qu'elle est : Jalonnée d'étapes, d'une fin. Il parait que le plus dur est pour ceux qui restent. Il est difficile d'en être certain, mais une chose est sûre, vouloir maintenir quelqu'un qui souffre, qui n'est plus heureux d'être là, près de soi, c'est faire un choix égoïste. Mettre son confort, son bonheur, avant celui de l'être qui nous est cher. C'est ne pas vouloir être abandonné. Il est dur de ne pas se sentir laissé de côté quand l'être cher s'en va. Mais il ne s'en va pas pour faire du mal. Il ne s'en va pas pour qu'on le suive. Il ne s'en va pas en se disant que le vide qu'il laissera sera énorme, dans une jouissance presque sadique. 

Il s'en va parce que son chemin l'éloigne de nous. Il s'en va parce que l'heure était arrivée qu'il parte. Et en passant devant ce vide, laissé par cette personne, il y a 10 ans, qui retenait mon monde à bout de bras, je ne peux me souvenir que de ces bons moments de complicité, ces instants qui n'appartenaient qu'à nous. Ces petites habitudes. En espérant simplement qu'aujourd'hui, où que soit cette personne, elle soit bien, ou en tout cas, ni malheureuse, ni au supplice. Peu importe les croyances, peu importe les destinations.

Juste bien.

mardi 18 avril 2017

Of growing up : La fausse frontière

J'ai toujours entendu énormément d'adulte dire à leurs enfants "Tu comprendras quand tu seras plus grand", "Tu sauras quand tu seras plus âgé", "C'est un sujet de grandes personnes". Bien plus aisé pour eux, mais un gouffre d'incompréhension pour les enfants, encore plus lorsqu'ils grandissent. Avec le temps, une chose que j'ai pu découvrir, c'est que ces étapes, ces barrières qu'on pense franchir en s'en rendant compte, dans la vie, n'existent pas. 

Combien autour de moi, tout comme moi, ont pensé en étant en primaire que le collège, c'était être un grand, y arriver et ne pas se sentir différent, se dire "Quand j'aurai quinze ou seize ans, je me sentirai adolescent, plus sûr de moi, plus complet." et se retrouver le bec dans l'eau une fois arrivé à l'échéance ? Cela commence par les demandes de la famille, souvent. "Sept ans ? L'âge de raison, qu'est-ce que ça fait ?" Je me souviens encore de l'excitation de grandir, remplacée progressivement par l'incrédulité, puis l'indifférence. "Dix-huit ans ? Tu es majeure, alors, qu'est-ce que ça fait ?"

Rien. La réponse est : Absolument rien. Après ça, le cap des 20 ans est peu différent. On part du lycée en se disant que l'université, ou le monde du travail pour certains, sera une étape qui nous donnera la sensation de se sentir un peu plus sûr de ses connaissances, de ses capacités, moins anxieux par rapport au futur. "Les adultes savent ce qu'ils font, ils ont toujours l'air de savoir où ils vont, je ne suis pas encore un grand, parce que je ne comprends pas tout." Et cela jusqu'au jour où on réalise que l'administration ne nous considère plus comme un enfant. Que les sujets sont ceux des adultes, mais qu'on en sait pas plus. Que les plus jeunes se tournent vers nous quand ils ont besoin d'un adulte responsable. On ne sait pas quand la transition est arrivée, on a pas reçu le memo. Mais on est là. Et on se demande "Est-ce qu'il y a pas un adulte qui sait mieux adulter que moi dans l'assistance ?!

Je n'ai jamais été considérée comme trop petite pour comprendre par une seule personne autour de moi, heureusement la plus structurante et la plus proche. Je me suis faite à l'idée qu'au final, on en sait pas plus. L'enfance et l'adolescence, c'est ne pas savoir, mais pouvoir avoir quelqu'un qui nous guide. Etre adulte, c'est faire ça sans filet. On peut parler autour de soi, mais la plupart du temps à des gens qui, au final, n'ont pas plus d'idée que soi sur la gestion du problème. Enfant, et même adolescent, on fait confiance à ce que nous disent ces adultes qu'on pense capable de tout expliquer.

Puis avec le temps, on se rend compte qu'ils ne savent pas forcément. Qu'ils mentent parfois sur la réalité pour ne pas dire "Je ne sais pas". C'est leur hantise, dire "Je ne sais pas." Etre mis face à la réalité : Ils ne sont pas différent, dans le domaine, que leur enfant. Et alors ? Quel mal y a t-il a ça ? Quel mal y a t-il à mettre de côté le "Tu sauras quand tu seras plus grand" et passer au "Je ne sais pas, et si on essayait de découvrir ça ensemble ?

Ca prend du temps, certes. Et oui, parfois le discours doit être adapté. Mais combien aujourd'hui ne se sentiraient pas si loin de ces adultes qui "savent mieux" et arrivent eux-même à l'âge adulte, si les grands avaient simplement accepté qu'être adulte n'est pas un état magique, et que chaque jour, ils peuvent apprendre quelque chose, eux aussi ? Être adulte n'est pas tout savoir. C'est être incertain. C'est avoir peur de monstres différents, la nuit. Mais c'est aussi, pourquoi pas, une opportunité de se dire qu'on peut se construire, grandir et aider les autres à avancer, peu importe l'âge, sur le chemin de la confiance. Confiance dans le fait qu'on peut toujours évoluer. Que la vie n'est pas une succession de stades. C'est une continuité. A chaque réalisation qu'on a dépassé une étape, c'est aussi accepter que la précédente est terminée non pas parce que c'était "Comme ça" mais parce que soi-même, on a passé un cap. 

Personne n'est maître de l'évolution d'autrui. Alors pourquoi ne pas simplement l'encourager ?

lundi 17 avril 2017

Of tolerance : Une autre lumière

"Je ne suis pas raciste, mais...", "Je ne suis pas homophobe, mais..."

Si ces phrases vous sont familières, vous savez sans doute l'expérience de l'intolérance de tous les jours. Les commentaires qui suivent ces 'mais' montrent qu'en réalité, bien sûr que si, il y a du racisme, ou de l'homophobie. Mais c'est leur choix. C'est leur façon de penser. C'est ainsi, ils ont leurs raisons, même si nous pouvons nous sentir blessés. C'est aussi faire preuve de tolérance d'accepter qu'on plaisante autour de ça, tant qu'on ne plaisante pas autour de l'oppression violente. Non, mettre des gens en prison ou les tuer pour leurs croyances, pour leurs préférences, ce n'est pas tolérable. Mais les choix et les goûts de chacun, tant qu'ils restent confinés à un avis, ne peuvent pas être la cible d'attaque. Ce serait être tout aussi intolérant.

Ne pas avoir la même religion, la même façon de  penser, les mêmes affinités pour quelqu'un, faire les mêmes choix... Tout ça peut mettre sur la sellette. C'est comme ça. Je m'en suis rendue compte lorsque je suis passée du parcours classique à l'ouverture d'esprit et que la société a commencé à prôner la tolérance pour les choix de chacun, au travers du mariage gay par exemple. J'étais et suis toujours en couple avec une personne du sexe opposé, mais j'avais d'autres affinités dont je discutais avec lui, sans souci. Il n'a jamais caché sa grande ouverture d'esprit, me parlait de ses connaissances et de personnes avec qui il avait eu pas mal de liens et de relations quelques années avant, et ce depuis longtemps. C'était rafraîchissant. Cela changeait de cette rigidité de pensée de ceux autour de moi. Ils ne pensaient pas à mal, et ils n'étaient pas en train de cracher sur ceux qui étaient différents. Mais pour eux, ils l'étaient, différents. Ces autres pas exactement comme eux. Et oui, effectivement, chacun est différent. Chacun aime qui il aime, chacun fait ce qu'il veut.

"Tant que la ou les personnes en face sont ouvertement consentantes, tout va bien. Aime qui tu veux. Fais ce que tu veux. Sois heureux." une devise que je ne me lasserai jamais d'écrire.

On peut être de la religion qu'on veut. Faire l'amour à qui on veut. Tant qu'on respecte l'espace de l'autre, tant que tout le monde est d'accord et surtout, qu'on est tolérant il n'y a aucun mal à être soi. A s'assumer. Que les bien pensants, les moralisateurs, se rassurent : Ils peuvent continuer à penser de la manière qu'ils souhaitent. Ils peuvent pratiquer leur religion comme ils souhaitent. Ils peuvent vivre de la manière qu'ils aiment. Mais chacun fait ce qu'il veut. Manifester pour refuser des droits alors que ça ne leur en enlève aucun est stupide, en revanche, et profondément injuste. Il y a bien assez de désespoir, d'oppression, de combats, pour qu'on empêche les gens d'être heureux lorsque ça ne nous retire rien, aucune liberté personnelle, aucun droit. Ce qui m'a choqué, en revanche, c'est qu'un potentiel président souhaite mettre à ses côtés un groupe prononçant l'intolérance. C'est ce qui m'a faite bondir, ces derniers jours.

Rester ouvert d'esprit, un principe qui semble aisé pour beaucoup, mais en réalité, combien considèrent autrui si différent pour des raisons basiques : Ce qu'ils sont au plus profond d'eux, sans jamais blesser qui que ce soit ?

dimanche 16 avril 2017

Of love : L’étrange sentiment

Nous entrons en terrain connu, et pourtant si vaste... C'est un petit laïus qui a du patienter. S'est construit peu à peu. Parfois une phrase par une phrase. Parfois par grands à coup. Comme l'amour. Parfois c'est une explosion. Parfois il se construit tout doucement. S'insinue jusqu'à avoir l'air d'avoir été là depuis toujours.

C'est un sentiment que je réserve à quelques personnes car je le considère comme bien trop précieux. Je l'ai distribué quelques rares fois, à tort, et je me suis dis que plus jamais je ne ferais cette erreur. Je peux me rapprocher de personnes, y être attachées. Mais l'amour, lui, est encore différent. Et lorsqu'il me saisit, il m'étonne. Me submerge.

On peut sans aucun doute aimer plus d'une personne à la fois. D'amour différent à chaque fois. Tous les amours ont un dénominateur commun, mais aucun le prend le même visage, la même intensité, le même sens. Lorsqu'on aime, on ne cesse pas du jour au lendemain pour rien. C'est une déchirure, une profonde blessure qui ne guérit que très rarement par elle-même. On se reconstruit autour d'une plaie, et on avance quand même, car d'autres liens fleurissent parfois, atténuant l'acidité de cette douleur. Et parfois, surprise... La plaie guérit lentement. Sûrement. Elle cicatrise. Car il n'y aura jamais une zone dénuée de blessure. Elle restera, un souvenir. On se construit, avec ces souvenirs, ce n'est pas plus mal.

Pour quiconque a déjà expérimenté plusieurs amours, je pense que l'expérience est commune. On est presque surpris par cette émotion qui envahit, ou qui nous a envahi et dont on a pas entendu les pas. L'amour se niche dans une place qu'on ignorait vacante, qui ne nous manquait pas forcément, mais trouve son exacte place. Il laisse parfois une traînée brûlante, ardente, ou au contraire adoucit sur son passage. Tous ces amours sont des cadeaux. Et on ne peut les oublier. Qu'ils soient loin ou juste à côté, le sentiment reste inchangé. Car c'est un sentiment vrai, simple, primaire. Il a toujours existé et existera toujours. 

Lorsque la personne s'éloigne, il est le lien entre deux cœurs, celui qui tire douloureusement, fait soupirer et regretter la capacité d'aimer. On tente de dire "Je ne t'aime plus", "Je ne t'ai jamais aimé", "Tu n'as jamais eu de place réelle dans ma vie." Mais quiconque a souffert d'amour sait que c'est un mensonge. L'opposé de l'amour n'est pas la haine. C'est l'indifférence, sans douleur, sans joie. La fusion n'existe pas, le lien n'existe pas. C'est l'absence de sentiment. Si une personne éveille un sentiment, c'est qu'elle compte, qu'elle a du sens dans notre vie.

Accepter l'amour qu'on porte a quelqu'un est parfois compliqué. Mais qui peut venir fouiller les méandres de l'esprit pour savoir ce qu'il en est vraiment. L'amour fait fleurir le jardin secret, y met des fruits, orne son ciel de couleurs flamboyantes. Et seuls ceux qu'on aime ont accès à cette partie de soi. L'amour est une clef vers ce royaume intérieur qu'on réserve à ceux qu'on aime. Ils rentrent dans mon cercle réduit, à mes côtés. Les protéger. Les aimer. Les accompagner. C'est automatique. Je n'ai même pas à y réfléchir. Ils sont là.

Et quelle surprise alors pour ceux que j'ai accueilli là, et qui montrent un vrai visage trompeur ? C'est comme avoir montré mon ventre à l'ennemi. Une sensation d'avoir laissé entrer quelqu'un qui n'avait pas le droit, qui ne devait pas voir tout ça. Repousser cette personne c'est comme arracher une partie qu'on avait ancré en soi. Elle est là, cette douleur. Dans le point d'ancrage qu'on a sectionné pour ne pas rester dans une relation abusive, fausse, à sens unique... Peu importe la raison. La blessure existe. Et elle est sentie. Physiquement.

Le plus dangereux, après ça, est de s'empêcher d'aimer. C'est laisser la blessure à vif, et empêcher qui que ce soit d'essayer de faire fleurir ce jardin autour. C'est pourtant ça qui aide. Et qui redonne confiance.

J'ai été surprise par la sensation familière il y a peu. Pourtant, je ne manque pas d'amour, au contraire. Et pourtant, j'ai surpris ce nouveau sentiment. Encore et encore. Nouveaux amours, nouvelles présences. Nouvelles mains dans la mienne, sans chasser les précédentes. Juste un accueil, mutuel, dans cet endroit si intime. Et l'amour peut fleurir, parfois en amour romantique, parfois en amour plus tendre, presque familial... Quelle chance de pouvoir évoluer dans ce jardin au cœur de moi et de pouvoir simplement être aimée pour celle que je suis, aimer en retour, et ne pas douter. Voir cette blessure se refermer, celle du doute, de la méfiance.

vendredi 14 avril 2017

Of sharing : Pierre à l'édifice

Il n'y a rien de plus étonnant dans la vie que les gens qu'on peut rapprocher de soi, ou qui rejoignent notre cercle parfois. On est surpris... Et encore plus lorsque les relations sont réelles. Pas de faux semblants. Rencontrer des gens qui sont comme nous. Des goûts différents, des avis différents. Mais la même façon de voir la vie... Et surtout cette même complicité qui nous lie.

Que tout cela vienne de celui que j'aime m'emplit d'une étrange sensation. Je suis heureuse. Et à la fois... Je m'interroge sur ces années qu'ils ont passé loin de lui. C'est un lien caché, qui n'a rien du sang. Et pourtant... Quelle férocité du lien. Quelles interactions de qualité. Loin de parler du beau temps dans l’ascenseur, de l'approche des élections à la caisse... C'est parler avec plus de sincérité que jamais. Pouvoir parler de tout et de rien. Ne pas cacher la vaironne. Ne pas cacher quoique ce soit. Être vrai. Partager ça avec des gens qui comprennent enfin.

Bien sûr, j'avais beaucoup d'appréhension mais... Quelle expérience hors du commun. Je me surprends encore à sourire en pensant à eux. Je souhaite les protéger, profondément, passer du temps avec eux. Simplement être là pour eux. Et apprécier pleinement cette manière dont ils m'ont accueillie...

Je me souviens aussi tout ce qui m'est passé par la tête... Cette vieille estime pourrie jusqu'à l'os, ce regard croisé, hagard, dans le miroir. Me disant que ce n'était absolument pas le visage de celle qu'ils aimeraient voir, qu'ils auraient espéré. Et encore moins son corps. Ni cette insécurité chevillée au corps.

"Je crois que tu ne te vois pas telle que tu es. Parce que je ne vois absolument rien qui cloche chez toi, bien au contraire. Regarde toi. Tu es rayonnante."

C'est comme s'il cherchait à appuyer sur le point qui fait mal. Mais pas pour le faire saigner. Pour le faire guérir. Je me souviens des paroles de chacun, et rien de négatif. Je me souviens de sa main, si douce sur ma joue. Elle qui avait juste l'air heureuse d'être là. De partager. De savoir que je garderais contact. Savoir qu'elle n'avait pas besoin de se cacher, au contraire, que je lui demander de garder contact aussi. Je me souviens de l'odeur de son parfum et du goût de baies. Et bon sang, quel sourire adorable. Et quelle conversation... C'était comme si le temps n'existait plus.

Il n'y a pas eu un seul malaise, chez qui que ce soit. J'étais en compagnie de celui que j'aimais. Et ceux qui comptent, de plus en plus. De ceux avec qui je partage déjà beaucoup. Qui ne jugent pas. Qui donnent la sensation qu'être dans une pièce pleine de gens ne fait pas de l'inconfort une fatalité.

Cela me rappelle cette sensation, depuis si longtemps, depuis que j'étais si jeune. Que quelque chose clochait, que je ne m'intégrais pas. Qui s'est poursuivie, ensuite. La lassitude des relations. La sensation de n'être là que pour que mes valeurs soient foulées au pied, d'être au coeur d'un chantage émotionnel tissé autour du mensonge, parfois... Mais non. Là, rien de tout ça.

Il semble que je n'avais simplement pas trouvé ceux qui m'attendaient. C'est lui et l'ombre tigrée aux yeux ambrés, c'est l'amour qui me les a apportés. Ce sont eux que je veux garder près de moi. Ils ne partagent pas la vision de meute, mais ils comprennent le principe de groupe soudé et complice, intime. Ils comprennent. Et ils n'ont pas peur. Ils veulent juste garder le lien et rester proches, malgré l'éloignement, les kilomètres. Juste être au sein d'un groupe vrai et aimant.