vendredi 31 mars 2017

Of home : Chambre avec vue

J'ai toujours rêvé d'une maison confortable et ai toujours vu ça comme un accomplissement. Avoir son chez soi, avec ses meubles, ses habitudes, ses affaires. C'est peut-être futile pour certains, encore plus étant donné que je vis actuellement plutôt confortablement. Je n'ai jamais eu à me plaindre de ça. Aussi compliqué et cher soit le fait de vivre quelque part en paix, le fait que trouver un endroit est compliqué sans trop de moyens, c'est quelque chose que beaucoup de personnes connaissent.

Construire un cocon est primordial dans ma vision d'une vie réussie. Gérer un foyer duquel je serais responsable à 100%. C'est une responsabilité et ça demande du travail, mais quelle satisfaction.

Je me souviens avoir rêvé depuis toute petite de ce jour où je me réveillerais dans ce lit, dans cette maison, ma maison, chatouillée par le soleil du matin, encore étonnée d'être arrivée là. Regarder ma famille s'épanouir entre les murs que j'aurais participé à payer. Dans ce nid que j'aurais participé à bâtir. Un petit chez nous.

Pouvoir prendre mes aises totalement dans ce petit chez moi, y mettre la décoration que je souhaite... Tout simplement me sentir chez nous, et un peu moins chez les autres.

Les rêves n'ont pas toujours à être inaccessibles, parfois, ils sont faits de petites choses, mais de petites choses importantes.

Of mental pain : L'ennemi en face

J'ai appris aujourd'hui qu'une femme qui avait été active dans le milieu de la prévention autour des maladies mentales était morte. Elle avait lancé le tatouage d'un point virgule pour montrer que la personne aurait pu choisi d'arrêter sa vie, mais que ce n'était qu'une pause. Une respiration. Et que ce n'était pas un point final. Le "Project Semicolon" était destiné à la prévention contre le suicide et la sensibilisation aux maladies mentales. C'est avec une réelle tristesse que j'ai appris que cette femme était décédée. Et qu'il semblait établi qu'il s'agissait d'un suicide.

Vivre aujourd'hui n'est pas toujours facile. Les pressions sont énormes, les aides nombreuses mais le pas vers elles souvent rarement fais. C'est compliqué d'accepter l'aide, compliqué de ne pas tomber dans les clichés et les travers du jugement d'autrui. De ne pas être heurté par ceux qui disent que les dépressifs devraient prendre sur eux et se secouer. Que les anxieux devraient un peu se détendre, qu'il n'y a pas de quoi avoir si peur. Que les bipolaires devraient essayer de se rendre compte de leurs sautes d'humeur. Que les phobiques devraient regarder leur peur en face. Que les addicts devraient se rendre compte qu'ils se plongent dans la dette, qu'ils font du mal à ceux qui les entourent et qu'ils devraient avoir un peu plus de self control. Qu'il suffit de volonté. Et je pourrais continuer ainsi sur des paragraphes.

Non. Ce n'est pas facile. Ce n'est pas de la fainéantise. Ce n'est pas de la comédie parce qu'il n'y a pas de cellules cancéreuses, parce qu'il n'y a pas de plaie, parce qu'il n'y a pas de fracture visible. C'est une douleur que certains ont peur, ont honte d'exprimer. Et pourtant, cette santé, la santé invisible, c'est une de celles qui compte à mes yeux. Énormément. Tous ces gens qui ont des problèmes somatiques, physiques, mais qui ont un moral incroyable et un entourage soutenant, ces gens soulèvent des montagnes. Un homme à la santé physique de fer mais à l'esprit tourmenté est une bombe à retardement, pour lui ou pour les autres. Il glisse lentement et termine au fond d'un puits, sans savoir comment en sortir. Et les petites phrases fleurissent "Comment est-ce que ça a pu arriver ?" "Il avait l'air si heureux." "Il n'avait pas l'air comme ça." "Il n'avait pas l'air malheureux." 

Les gens font semblant. On doit tous être heureux, dynamique, motivé, en forme. Mais il suffit de faire un petit tour de table anonyme, ou même sur le net, pour voir que beaucoup sourient pour ne pas montrer la douleur qui les pétrit, jour et nuit. Je me souviens de cette époque où j'étais prête à tout pour m'assurer que quelqu'un ne souffre pas si il comptait à mes yeux. Ca a peu changé, aujourd'hui, seuls les gens changent et la méthode aussi. La maladresse était le lot de la jeunesse, elle arrive encore parfois, je ne suis pas parfaite et je ne le serai jamais. En revanche, cette envie, ce feu qui me pousse à tenter d'apaiser le mal qui ronge en silence, sans se faire voir... Il a toujours été là, aussi fort que l'instinct qui me pousse à protéger ceux que j'aime et repousser de mon entourage ceux qui m'empoisonnent.

Mieux vaut être solide pour ceux qu'on protège et se montrer aussi inflexible qu'un roc quant il s'agit de leur sécurité et leur épanouissement.

mercredi 29 mars 2017

Of envy : Couleur de l'herbe

L'herbe est toujours plus verte dans le pré d'à côté. 

L'envie ne m'est pas étrangère, loin de là. En même temps, qui n'a jamais souhaité avoir ce que son voisin possédait ? Non pas pour lui voler. Simplement pour avoir une possession équivalente. Nous voyons souvent ce que nous souhaitons vivement, sans voir les inconvénients, le chemin accompli jusque là. Nous ne voyons que la réussite, en grande partie parce que les gens ne montrent pas leurs échecs. 

Je connais cette sensation de voir là où en est arrivé quelqu'un et me dire que c'est injuste, pourquoi pas moi, pourquoi je n'ai pas telle maison, telle vie, telle chance, tel parcours, des parents comme ceci, des enfants comme cela, des opportunités... Je connais aussi cette sensation résignée de se dire que non, ce ne sera pas ma vie, sur ces points là. C'est ainsi. Ce n'est pas une question d'effort, ou de chance, c'est juste un chemin différent qu'a pris mon existence. Je me souviens encore du jour où on m'a dit "Tu n'as pas encore 25 ans, tu ne peux pas être défaitiste à ce point." alors que ce n'était pas être défaitiste. Non, je n'aurai pas une superbe villa paisible et hors de prix. Non, je n'aurai pas la possibilité de traverser le monde. C'est une question de logique. En souhaitant avoir une maison, ou une vie de famille confortable, on réduit forcément les possibilités de bouger. En bougeant, on se met à la dèche et on est obligé de prendre des disponibilités au niveau professionnel, chose qui est et va devenir de plus en plus compliqué, encore plus pour les jeunes. Et non, il n'est pas utile, peu importe son âge, de rêver à des choses qu'on aura jamais au niveau matériel. J'adorerais avoir un confort incroyable, des possibilités magiques de faire ce qui me fait envie, d'embarquer ma petite famille et de voir que le monde est un endroit magnifique. C'est le cas, le monde est merveilleux. Mais la vie de tous les jours pèse plus lourd, et à 25 ans comme à 45, parfois il faut juste faire preuve de réalisme.

Ce n'est pas grave, c'est un choix. On en fait régulièrement, certains sont difficiles. Certains regrettés. Mais chaque choix, surtout important, résulte d'une réflexion réelle. Peser le pour et le contre. Avec le recul, parfois, on se dit qu'on aurait pu faire autrement. Il est pourtant fort probable que les choses n'auraient en réalité pas pu aller dans un autre sens. Et ce n'est pas se consoler que de ruminer ce qui aurait pu être. Ce n'est pas. Il faut se concentrer sur ce qui peut être à l'avenir.

Je crois que même si j'arrivais à réaliser quelques rêves très matériels, très basiques, j'en resterais étonnée. Et très sincèrement, je préfère être étonnée que plongée dans la désillusion. L'herbe est bien sûr plus verte dans le pré d'à côté. Mais c'est dans notre pré à nous qu'on construit quelque chose. Et même en s'évertuant à le verdir à notre façon, il est une chose que nous n'aurons jamais : Le pré d'à côté. 

Je préfère être surprise que déçue, du coup, je préfère ne rien attendre.

lundi 27 mars 2017

Of others : Les âmes au dehors

Je me suis souvent demandée si la majorité des gens étaient stupides. Objectivement. Si ils peinaient à comprendre des principes basiques, à suivre un lien de cause à effet. Cela fait quelques jours que je vois des articles concernant la possibilité outre-Atlantique pour les chasseurs de certains Etats, donc l'Alaska, de tuer des ours en hibernation ainsi que des loups aux moment de la période critique pendant laquelle les louveteaux sont dans la tanière. J'ai aussi appris qu'en France, les loups continuaient à être massacrés et que la pérennité de l'espèce était menacée. Sans surprise. C'était le but avoué de tous ceux aux commandes. Certains pensent qu'il est encore possible de renverser la vapeur. Qu'il s'agisse de l'autre côté de l'océan ou ici, j'en doute. Ceux qui sont au pouvoir ne le souhaitent pas et ils ont les moyens d'arriver à leurs fins. 

J'ai toujours été étonnée par la capacité des humains à être un ensemble aussi hétérogène et homogène à la fois. Nous partageons des traits communs qui nous aident à nous reconnaître, rien de nouveau. Mais alors que certains pensent de manière logique et sont brillants, d'autres font preuve d'une étroitesse d'esprit, d'une vision à long terme définitivement défectueuse et d'une capacité à ne pas voir l'évidence alors qu'elle est secouée sous leur nez.

Des études très nombreuses ont montré qu'un humain au sein d'un groupe est différent d'un humain seul. La pression sociale le fait se conformer au groupe. Ils prennent des goûts affichés communs, des avis communs. Les plus forts en tirent une satisfaction d'être ceux qui donnent la tendance dans leur groupe. D'autres plus faibles dans le groupes suivent dans l'espoir de ne pas être mis de côté. Et au final, un groupe peut ainsi être aussi dynamique et faire preuve d'une intelligence incroyable qu'être un groupe informe et stupide. Ce n'est pas une question de QI, c'est une question de groupe. Les gens plus éduqués ont tendance à moins céder à la pression sociale, mais en réalité, personne n'est à l'abri d'un groupe sans visage, dirigé par des gens bien trop bêtes ou trop mal intentionnés. On peut même le remarquer en ligne, pas seulement dans la vie réelle. En ligne, un groupe aime son identité, aime avoir raison, aime souvent être meilleur qu'un autre groupe, est plutôt dans l'exclusion face à un nouveau membre. Etre dans un groupe signifie avoir une identité et un semblant de famille, trouver quelqu'un avec qui critiquer l'autre... Céder à ces sirènes là n'a rien d'étonnant, à vrai dire, c'est très humain. On aime tous avoir l'occasion de souligner ce que les autres n'ont pas, ont en trop, font bizarrement. On aime appartenir à un groupe.

Mais définitivement, avec les années, je préfère appartenir à des groupes qui cherchent plutôt à avancer en bien, à réfléchir à long terme. Le côté exclusif ne me choque pas. Le côté complicité non plus. Mais ne penser qu'à son propre petit avantage sans voir les dégâts sur le long terme comme le font ceux qui dirigent aujourd'hui, c'est faire preuve d'irresponsabilité. Et pire encore, l'ancienne génération se hâtera d'accuser les plus jeunes pour le monde en faillite. Il n'y a pas de zone "sûre" aujourd'hui et malgré la colère, j'espère simplement avec tristesse que tout ça s'arrêtera avant qu'il ne soit trop tard. Malgré le monde roulant allègrement vers le mur, les actions, même isolées, ne sont jamais vaines.

samedi 25 mars 2017

Of success : Vent de dos

Certains jours, on peut réellement voir sa vie se bâtir sous ses yeux. Je me souviens de ces longues semaines à ne rien voir de plus que l'attente qu'il se passe quelque chose. L'appréhension de se lancer. L'appréhension des réponses. Et ces jours, tout est allé si vite. Les réponses, l'ouverture de toutes ces nouvelles portes. Bien sûr, le stress de ce qui était à venir. Mais... Ça donne envie d'avancer. De continuer à faire un pas après l'autre. 

Je tire, sans aucun doute, une très forte motivation quand je vois que tout avance. Je baisse moins facilement les bras et je tente de garder les choses en mouvement. Je n'ai pas le choix. Et c'est tant mieux. Je me souviens de chaque grande étape de ma vie et sais aussi que parfois mon caractère fait que je minimise la satisfaction que je pourrais en tirer. Mais lorsqu'elle arrive, la joie et le soulagement me donnent le boost nécessaire. Continuer à marcher même si l'avenir n'est pas plus net qu'avant. 


"I thought you were a hurricane. Turns out you were the summer rain."

Je n'ai jamais terminé. Peu importe ce qu'il se passe, je trouverai quelque chose à améliorer. A changer. Je ne m'angoisserai pas moins à l'approche de ce que la vie me prépare. Mais j'y vais, malgré tout. La semaine à venir sera encore l'occasion de tenter d'avancer plus loin. Et laisser derrière moi le passé, faire un pas de plus.

Le succès est étrange, parfois. On espère quelque chose, mais lorsqu'il ne vient pas tout de suite, on ne se réjouit pas tant que ça de son arrivée. Ou au contraire, on l'attend si longtemps que c'est un soulagement à mettre des larmes aux yeux une fois que ça arrive. L'état de grâce dans lequel on se sent lorsqu'on arrive à avancer dans le sens que nous souhaitons est définitivement quelque chose de j'essaye de cultiver.

Je sais pourquoi j'avance. Et je sais pourquoi je continue à vouloir me dépasser, aller au delà de mes ambitions. Ce n'est pas que réussir à passer une étape dans mon développement professionnel, ou réussir à atteindre des objectifs matériels... C'est la manière dont tout ça va me servir pour les aspects les plus importants de ma vie.

Le changement est terrifiant, mais parfois ô combien stimulant.

jeudi 23 mars 2017

Of identity : Le vrai visage

Être un bon ami. Être un bon petit ami. Être un bon parent. Être un bon enfant. Être un bon citoyen, un bon humain, un bon consommateur, un bon étudiant. Et le soir, devoir se regarder dans le miroir, retirer chaque étiquette calmement. Certains se voient toujours dans le miroir. D'autres ne voient rien. Une identité manquante. Le soi n'est rien. Je n'a de sens qu'avec toutes les étiquettes sur le visage.

Sans aucun doute, l'ego est un des domaines qui m'étonne et me passionne le plus. Gros ego, ego piétiné, ego instable... Une chose est sûre aussi, il est aussi bien demandé de sortir du lot, peu importe la situation, mais aussi de ne pas trop sortir du moule. Soyez remarqué, mais pas trop. 

Je me demande parfois si il existe une seule personne passée sur Terre qui ne ce soit posé la question "Qui suis-je ?" Cette sensation de ne pas se connaître soi-même est compliquée à gérer. Certains arrivent à construire, intérieurement, un sanctuaire calme et dur, un noyau immuable leur donnant la sensation d'avoir quelque chose d'unique, de toute manière : Eux. Ces gens ne sont pas forcément sous l'égide de l'ego surdimensionné, la plupart de ces gens ont d'ailleurs au final un ego assez fragile si on gratte assez le vernis. Ceux dont l'ego est calme et assuré subissent mieux le changement, car il est extérieur. Même intérieurement, il ne touche pas ce noyau dur qui leur assure qu'ils sont bien eux.

Et de l'autre côté, il y a ceux dont l'identité est plus difficile à construire. Ce n'est ni forcément la faute des parents, de l'entourage, de l'environnement... Les origines sont si multiples qu'il n'y a pas un seul ego identique à l'autre dans une même situation. Tout est flou. Les goûts sont flous, les perspectives sont floues... La confiance en soi est basse, car il y a ignorance même de ce qu'on sait faire. Par précaution, il est parfois plus facile de dire qu'on ne sait rien faire.

Face à ces situations, certains cherchent, piochent à droite à gauche des idées, des goûts. Ceci est populaire, il y a beaucoup de fans. Je vais aimer ça car je vais faire comme tout le monde. Je vais être du gros groupe. Et je pourrai dire "J'aime ceci" en me présentant, car j'aurai des chances fortes de tomber sur quelqu'un qui pense comme moi. Et si il ne pense pas comme moi, il est forcément stupide car nous sommes nombreux à aimer ceci. Au contraire, la personne peut choisir de détester ce qui est si populaire. Car il ne veut pas tout à fait être comme tout le monde, mais tout de même se rapprocher d'un grand groupe. Il n'y a pas vraiment de différence entre un groupe qui aime quelque chose de populaire et un groupe qui le déteste. Ce qui est populaire provoque forcément un avis. Bon ou mauvais, on trouvera des gens pour être accueilli. D'autres encore, dans cette situation, choisissent un exemple qui représente un idéal. Et tentent de combler ce vide en essayant de mettre une apparence semblable, sans se douter que ces gens n'ont pas que l'apparence, mais un fond, un ego pour aller avec. Le résultat n'est satisfaisant pour personne. Ni pour la personne qui réalise qu'elle n'est qu'une coquille vide, pas plus satisfaite qu'avant, pas plus complète qu'avant, ni pour la personne en face, qui pour se consoler pourra se dire “Imitation is the sincerest form of flattery that mediocrity can pay to greatness.” comme l'a dit Oscar Wilde. Mais ce n'est plaisant pour personne.

D'autres choisissent des goûts et se bâtissent des identités à la sueur de leur front, trouvent des goûts et construisent leur vie en trouvant des choses qu'ils aiment réellement. A mesure, ils font ce qu'ils peuvent pour trouver ce qui leur ressemble. Mais sans le noyau dur de l'ego stable, d'autres tempêtes se profilent à l'horizon. Et lorsque quelqu'un aime la même chose, se passionne pour la même chose, fait les mêmes choses, le monde entier identitaire s'effrite et s'effondre. "Qui suis-je, si il/elle est comme moi ?" "Si il voit ce poème comme ceci, et pas moi, est-ce que l'histoire que j'ai bâtie avec le texte est totalement invalidée ? Est-ce que je suis totalement invalidé ?" C'est se sentir mis à nu, sans histoire profondément reliée à soi à raconter, car d'autres y ont mis leur empreinte et ont "gâché" ce lien précieux. Être à nouveau face à ce rien, dans le miroir. 

Il n'y a pas de solution magique. Il n'y a que soi pour essayer de trouver ce qui fait ce noyau.
Se définir par ses rôles et ses goûts n'est pas mauvais, en soi. Ce n'est pas une solution, mais c'est une béquille... Et des gens vivent avec des béquilles toutes leurs vies sans être empêchées par qui que ce soit ou quoique ce soit d'atteindre des sommets. 

mercredi 22 mars 2017

Of souls : L'Une

Weirdly enough, I can't go through this topic in french only. My native tongue can't grasp every bit of the uniqueness this aspect of my life holds. Since I have no issue in either languages and like it better when it comes to souls and this particular one if I can go through the language of my choice, I won't refrain. 

I stumbled on this song recently. And what a song. No matter how I listen to it, it resonates to deeply that I can't just walk past it.


"Hear me call your name

Just believe and speak to me..."



She has been my guide though those shattered, drowned lands I see in my dreams. She has always been there, through high tides and low tides. Through pure anger and through joy. The softest hand in times of sadness. A silent light when I turned my back, claiming how impossible it was, how childish, how mad. When I felt like all was crumbling she was still the ultimate hand to help me up. No need to hide, to try and fake it. To try to mask how I felt. Because she knew. She was the shoulder to cry on. The two hands on my arms, pushing me further when I felt weak. The one to take me through the storms, through inconscious swamps. She gave me Love beyond measure. My Only One Nightchaser. L'Une. 

The One who always gave her Whole. She held an incredible endurance. Tried to give me confidence. Walked with me even when I pushed her away. And how powerful this Wrath. How deep the Lust. How easy the walk across night sky. How clear the View of what was coming. 

I remember when I felt her less and less. I remember the start. Like a fading light. I thought it was only because of the time I ignored every gut feeling, and most of my instinct.

But seems everybody can fade one day, even the brightest light.

I can only care as much as I can, until I find a way to resolve this situation.

mardi 21 mars 2017

Of wrath and revenge : Le brasero ardent

La religion est l'opium du peuple, la colère fut sans aucun doute un opium tout personnel. Il galvanise mais rend malade à la fois. 

A une époque (même si c'est toujours le cas aujourd'hui, seules d'autres petites choses sont différentes) je me souviens avoir accueilli cette colère à chaque fois qu'elle se présentait. Comme un feu ardent qui réchauffe, ou au contraire, refroidit. Le feu de la rage le noyau glacial de la colère profonde. Quel plaisir intense de sentir cette adrénaline qui se précipitait dans mes veines, la contraction des muscles. Je me souviens d'avoir même parfois attendu qu'elle s'élève lorsque je ne me sentais pas à l'aise, que je me sentais en danger. C'est une émotion puissante qui donne plus d'impact à la morsure des mots. Certes, des termes durs peuvent sortir de la bouche de quelqu'un en pleine rage. Mais de mémoire, j'ai rarement dis quelque chose sous le coup de la colère que je ne pensais pas, quelque part.

La colère vient avec de nombreux outils. L'adrénaline, bien sûr, que j'ai évoquée. Mais aussi la finesse dans l’exécution de la vengeance. Plus profonde la colère, plus violente le retour de bâton. Prévoir des plans pour se venger sur des jours. Voire des mois. Placer ses pièces sur l'échiquier, calmement. Ce calme qui vient lorsque la colère est canalisée. Un seul but. Une seule direction.

Certains disent que se venger n'apporte pas le calme, ni la guérison, encore moins la consolation. Pourtant, je pense le contraire. Oui, parfois, œil pour œil et dent pour dent est une rampe à laquelle on s'accroche. Pour avancer. C'est un but en soi. C'est une manière de ne pas céder du terrain. De ne pas se laisser blesser sans blesser en retour. Une manière de dire "Vois comme tu as fais du mal, revoilà ce que tu m'as donné, je n'en veux pas."


Nemo me impune lacessit « Nul ne me provoque impunément. »
Je suis une personne assez attachée au principe d'égalité en général, au niveau de l'échange dans une relation. Que chacun en tire quelque chose. Dans les relations hostiles aussi, d'ailleurs. Aucun coup qui ne soit rendu, aucun affront qui ne soit ré-adressé.

Aujourd'hui, la colère vient plus rarement. Lorsqu'elle est là, en revanche, elle est plus pure. Je l'accueille toujours avec plaisir. Les petits pics de colère sont plus rares. Mais c'est toujours une émotion forte, dont la présence me donne de la force. La colère ne se dompte pas. Elle se chevauche.

Je me souviens aussi de ces instants où je pensais que la rancune que je portais ne connaissait pas de limite. Et c'est un fait. Une fois que quelqu'un s'attire mon courroux, je n'ai aucune raison d'offrir pardon, chance supplémentaire. Je le fais lorsque j'ai un doute, une fois. "Cross me once, shame on you. Cross me twice, shame on me." Et je ne compte m'encombrer de personne en qui je ne peux pas avoir confiance. J'ai bien assez à faire sans ça. La vengeance consumée, le bannissement de mon cercle prend effet une bonne fois. Et c'est terminé.

Je passe simplement à autre chose. Ca n'occupe plus mon esprit. Mais les frontières sont fermées pour quiconque n'est plus dans mon cercle de confiance. Un départ est définitif, un retour impossible et repoussé. Et au final... La vie est bien plus simple et plus agréable ainsi.

lundi 20 mars 2017

Of past : Recul et apaisement

Je suis retombée sur une ancienne photo et je me suis demandée ce que je me reprochais, à l'époque. Je m'en souviens bien. Mais en regardant la photo... Je n'ai pas vu grand chose qui clochait. Au contraire. Je me plaisais. Chose qui n'était absolument pas le cas à l'époque. Je me demande pourquoi j'étais aussi dure avec moi même, quand au final... Il n'y avait rien qui dénotait du tout.

Et à ce moment là, je me suis dis "Aujourd'hui, tu as les mêmes pensées par rapport à toi. Même pires qu'à l'époque." Je me trouve toujours des excuses pour le justifier. J'ai changé, je suis plus ceci, moins cela. Qu'il s'agisse de l'éternelle insatisfaction, du jugement facile sur soi : Il existe au final mille raisons pour lesquelles je n'ai pas changé d'avis me concernant malgré les changements obligatoires et incontrôlables de celle que je suis. Mentalement. Physiquement. Dans tous les cas, il m'est difficile d'appliquer cette phrase qui pullule ça et là. "Pour aimer les autres, il faut commencer par t'aimer toi même." Personnellement, je ne suis pas convaincue. Même en dehors de moi, j'ai vu des personnes rongées par le doute d'elles-mêmes, par le non amour d'elles-mêmes, et pourtant profondément altruistes, généreuses.

En revanche, une chose avec laquelle je suis d'accord est que pour connaitre les autres, il faut définitivement se connaître soi-même. Au moins un peu. Car sinon, comment reconnaître ce qui vient de nous, ce qui vient de notre comportement, et ce qui vient profondément de l'autre ? Nous sommes tous en interactions permanentes, et c'est souvent cette rencontre qui provoque tel ou tel comportement. Pas tant la personne seule, en elle-même. 

Ce qui m'étonne le plus, et me ravit à la foi, c'est cette capacité à faire la paix avec celui ou celle que nous étions. Comme discutant avec quelqu'un d'autre, lui expliquant qu'effectivement, on a été injuste. Que tout va bien, que tout allait bien, et que les ambitions de l'époque sont bonnes ou mauvaises, mais ce qui compte c'est d'avancer. Dire à cette personne que nous étions que les choses bougent. Qu'on ne stagne jamais. Qu'on a le pouvoir d'aller au delà de cette période compliquée. Que d'autres âmes croisent notre route. Que l'instinct n'est pas si mal. Etre cette personne qu'on aurait aimé avoir, à l'époque, cette petite voix dans notre tête.

Avec un peu de chance, dans le futur, nous arrêterons de nous demander pardon et de nous pardonner, et nous nous contenterons tous de nous parler ainsi, au présent. A être plus clément. Plus optimiste. Plus aimant avec nous-mêmes.

vendredi 17 mars 2017

Of creativity : Lame à double tranchant

Je me souviens de ce premier jour où j'ai reçu un ordinateur. J'avais eu la chance qu'il me tombe dans les mains assez jeune. Je n'ai pas fais usage d'internet avant un moment, mais cela ne m'a pas empêchée de profiter de ce que m'offrait cet outils : La possibilité d'écrire, sans avoir à raturer, sans avoir à trouver des feuilles. Une feuille infinie. J'avais accès au net sur un ordinateur plus familial et en profitais pour enregistrer des images, des sons... L'inspiration bouillonnait dans ma tête et dans mes doigts, j'ai écris ma première histoire, ô combien juvénile mais que je regarde avec une certaine tendresse, maintenant, alors que je n'avais pas 10 ans.

Puis d'autres opportunités d'écrire se sont présentées à moi, dont certaines en communauté. Et là où l'école avait fortement failli, c'est à dire à améliorer mon orthographe, ma grammaire et ma logique, je trouvais sur ce terrain de jeu un terreau fertile pour alimenter mon imagination, ma créativité, mais aussi mes capacités en français. L'idéal. Cela n'a pas été du jour au lendemain, mais cela a sans aucun doute eu plus d'impact sur ma capacité à écrire que n'importe quel exercice d'école.

Cette imagination était alimentée aussi par la lecture, bien sûr... Et n'a jamais été éteinte ou étouffée par la réalité. Le plus dur était toujours de se rendre compte de ses limites. Cette réalité qui coupe tout portail vers la magie, le surnaturel, ou tout est aseptisé, impossible si non démontrable scientifiquement... 

Et le jour où on accepte que cette réalité qu'on nous vend n'est pas forcément la vérité, une certaine part de soulagement s'empare du rêveur, de l'imaginatif. Oui, on peut trouver la magie dans cette réalité. Il faut ouvrir les yeux, regarder autour de soi. Se faire confiance, même si ces années de conformisme murmuraient que c'était impossible. Pour toujours, la séquelle qu'est le doute persiste... Mais les tripes, elles, parlent.

Et ma foi, tant que ma vision des choses n'empiète pas sur celles des autres, et que les explications sont encore impossibles... Un doute est toujours permis.

Parfois, l"imagination nous montre des paysages impossibles, des âmes magnifique mais lointaines... Libre à nous d'accepter de nous y aventurer tout en tolérant cette réalité que la vie nous impose.

Si cela fait du bien, si cela semble réel, si cela ne blesse personne... Mieux encore, si on en voit les effets, quel besoin que les autres y croient ou partagent le voyage ?

jeudi 16 mars 2017

Of family : Fanaux et deception

Famille : "Ensemble des générations successives descendant des mêmes ancêtres ; lignée " "Ensemble des personnes unies par un lien de parenté ou d'alliance".

C'est un terme particulier, avec tant de facettes que certains y incluent uniquement le sang. D'autres le cœur. D'autres décident que c'est un mot qui n'a plus de sens et choisissent d'autres termes. Cercle proche. Proches. Des personnes pensent que leur famille est leur bien le plus précieux, d'autres bafouent ces soi disant règles de la nature en reniant jusqu'à leur progéniture. Je ne parle pas ici de l'instinct, mais bien d'un choix, celui qui se fait au delà des hormones, de la chimie du cerveau et de l'attachement, mais bien par choix, même des années après. D'autres, au contraire, se dévouent pour les leurs et fabriquent à leur manière un groupe soudé, souvent au delà du terme famille.

Je me souviens du premier jour où j'ai été déçue par ma famille. C'était après un décès, qui m'avait laissée profondément remuée. Et toute la famille aussi, d'ailleurs. Comme chaque système, lorsqu'un membre majeur en disparaît, les membres se réorganisent. Certains cherchent la stabilité, d'autres le pouvoir. Et tout un groupe peut ainsi se déliter et devenir sujet aux problèmes. Clairement : Aux relations pathologiques. Si tous les membres arrivent à retrouver une place qui leur convient, tout va bien. Si les rôles entrent en conflit, le groupe change et devient vite compliqué.

Petite, j'avais vécu dans l'illusion (ou peut-être n'en était-ce pas une, et que les choses ont réellement changé) que ma famille était soudée, soutenait les autres et s'opposait à toutes ces familles qui pourrissaient autour des secrets et des ragots, des faux semblants. Suite à ce décès, arrivé dans mon adolescence, j'ai vu les gens changer. Changer de comportement, même de visage. Les gens parlaient bien plus dans le dos. Les critiques étaient plus faciles. La communication se rompait. De petits noyaux de formaient, ça et là, au lieu d'un seul groupe. C'est le jour où j'ai réalisé que passer du temps avec 'cette famille' m'était plus pénible qu'enthousiasmant que j'ai subi le contrecoup du deuil.

Aujourd'hui, le terme famille est très limité à mes yeux. Je n'y inclue que peu de personnes volontairement. Je ne souffre pas de l'éloignement des autres. Parfois même les voir me fait me demander pourquoi je m'impose ça.

Eh oui, pourquoi. Pour une raison assez étrange qui encore aujourd'hui me pose question : Faire une famille, qu'est-ce que ça prend ? A quel moment est-ce que les couples, par exemple, passent de l'idée d'être des amants à celle d'être une famille ? Au moment où ils se marient ? Où ils ont un enfant ? Où ils décident d'habiter ensemble ? Où tout simplement ils décident de s'aimer et de braver les tempêtes ? C'est une question en tâche de fond, comme tant d'autres. Une chose est sûre, en tout cas, cette famille là, quand elle est là, est une famille choisie. Et quel plaisir de pouvoir simplement choisir ceux qui sont autour de nous. Ne pas céder aux sirènes des bien pensants qui disent que la famille est tout. La famille qu'on se choisit, probablement.

Of letting go : L'ancre

Il est définitivement une chose qui participe à avancer. "Le lâcher prise", comme ils nomment ça. Et je dois dire être plutôt d'accord. Avec ce "letting go". Il existe tant de façons de laisser aller une personne, une situation. Lâcher la main, pour un instant ou pour toujours, laisser passer une situation au loin sans s'y précipiter. Accepter de ne pas être en contrôle.

Le contrôle. Un nerf de la guerre. Nous souhaitons contrôler ce qui nous arrive. Ce qui arrive à la planète. Ce qui arrive à ceux qui nous entourent. En leur montrant une voie que nous pensons positive, nous ne faisons que maintenir leur main dans la notre. Protecteurs. Et au final, surtout pour nous que pour eux. Lâcher la main pour accepter que la personne soit en contrôle de sa propre vie, lâcher notre propre contrôle sur la sienne.

Je n'ai jamais été une grande fan de lâcher quoique ce soit. Et lorsque je le faisais, il était bien trop tard. Pour moi comme pour la personne en face, ou la situation, d'ailleurs. C'est une chose qu'on réalise bien après avoir été échaudé, dans mon cas en tout cas, c'est ainsi que ça s'est passé.

J'ai toujours mis un point d'honneur à vouloir régler les choses autour de moi, le papier à musique, c'est toujours plus joli que le foutoir, dira mon instinct. Et plus rassurant, aussi.

L'ennemi du lâcher prise, c'est l'angoisse. C'est la perte de repère.

On se rend parfois aussi compte, c'est mon cas, que les repères sont en réalité plus fluides qu'on aimerait. Il arrive que les choses changent. Les tendances à aimer la routine, le chez soi, tout cela est profondément ancré chez les personnes les plus habituées à ne pas avoir leurs habitudes changées...

Le plus dur est de lâcher prise sur ses habitudes. Laisser la peur derrière soi. Et oser, malgré tout. Rester positif.

mercredi 15 mars 2017

Of healing : Le retour permanent

La guérison. Le soin. Faire quelque chose. Alléger la douleur. Autant de choses qui reviennent en permanence frapper à ma porte. Chaque choix de carrière, chaque fiction écrite, on retrouvait cet aspect. Il m'a fallu un peu de temps pour le remarquer, mais c'était un thème récurrent. 

"C'est une vocation" me disait on quand je parlais de mon choix d'orientation. Je n'ai pas compris tout de suite. D'une part car ça me semblait juste naturel. D'autre part car clairement, c'est avec l'expérience qu'on comprend qu'il n'y a pas d'heures de bureau pour l'esprit du soigneur. C'est un investissement permanent. Une tâche de fond. Et surtout, un trait de caractère qui revient très régulièrement. 

Ce n'est pas tant la guérison seule, la guérison médicale pure. C'est aussi la guérison de l'esprit, mais aussi son penchant plus sombre. Instiller les émotions, gérer l'esprit. Cette grande machine. Avoir conscience de tout ce qu'on peut faire...

Montrer aux gens toutes leurs capacités. Ils en ont. Tout le monde en a. Les voir peu à peu prendre confiance. S'envoler. Jusqu'à ne plus avoir besoin de vous. Les voir s'épanouir. Résister à l'envie de contrôle. De les garder. Au contraire, les observer vivre avec cette nouvelle liberté, après des pleurs, des colères, des impasses. Apprendre, chacun, de l'échange. Et voir cet esprit apaisé. Conscient de ses capacités. 

La découverte de soi n'est jamais terminée. Mais parfois, un peu d'aide permet de ne pas se perdre. Ne pas perdre l’œil bienveillant qu'on peut, qu'on doit avoir sur soi. J'imagine que ce rôle de guérisseuse a beaucoup d'origines possibles. Le nombre de guérisseurs dans ma famille m'aura motivée. Le fait d'être utile, d'aider et de recevoir la reconnaissance, peut-être aussi. Même si au final, avec l'expérience, la reconnaissance du patient n'est pas un facteur de satisfaction. Voir l'évolution, les progrès... C'est le réel trophée. "Je ne ressens plus le besoin de vous voir." Quel étrange apaisement. Que ce soit ponctuel ou définitif, il y a quelque chose de serein et de maître de soi, dans cette phrase, lorsqu'elle est dite sincèrement.

Je m'étonne encore, parfois, de ce besoin d'intervenir, parfois. Pas seulement dans le soin, mais dans ce qu'on nomme le "care", le fait de se soucier de quelque chose. Les causes qui m'importent. Une situation compliquée. Je peine à rester sourde à ça. C'est parfois épuisant. Mais c'est ainsi. L'humanité en groupe n'est que peu gâtée. Tout se complique lorsque les groupes idiotisent les membres. Mais je ne peux nier un attachement certains à ceux que j'aide. A ceux sans voix. A toutes ces causes qui me révoltent, fouettent le sang et font grincer des dents. Car les humains bénéficient définitivement de "l'amour" (vaste sujet) et de l'attention qu'on leur porte. Libre à eux de l'accepter ou non. De choisir d'avancer, ou non.

mardi 14 mars 2017

Of dreams : Portail

Les rêves, tout comme les cauchemars, ont toujours été une source de curiosité et d'émerveillement me concernant. J'ai toujours été très réceptive à ce qu'ils me montraient. Parfois, le sens est purement lié au classement de l'information. D'autres fois, c'est le passé qui revient frapper à ma porte. "Cette partie de ta vie n'est pas résolue" "Cette situation n'est pas terminée". Les rêves sont un moyen assez sympathique de garder un œil sur ce qu'on met de côté. 

Je n'ai jamais caché mon attirance pour le côté occulte de la vie. Pour les moyens de chercher à avoir une vie sur le futur. Sur une situation qui m'échappe. Les grigris, les amulettes, tout ça pour moi n'a rien de ridicule. La protection potentiellement apportée par une force qui me dépasse... Pourquoi pas. Je ne suis fermée à la question, ni une croyante aveuglée. Lorsque des choses étranges continuent à arriver tout au long d'une vie, on devient moins sceptique pour le principe de l'être et plus curieux. 

Au travers de ces moyens, comme des rêves d'ailleurs, on peut détecter quelques dangers, quelques problèmes non abordés, les voir sous un autre angle. Mais il faut accepter de les voir en face. Ce n'est jamais aisé de faire revivre le manque, la tristesse, la colère, la peur... C'est comme revenir à un point antérieur, émotionnellement. Et voir comment j'ai évolué par rapport à elle. Comment tout a changé, et si les choses sont toujours aussi compliquées. Revoir le passé n'est pas plus facile qu'entrevoir un potentiel futur compliqué. Les regrets, comme l'angoisse, ne sont pas forcément les émotions les plus agréables à traverser. Mais rien n'est immobile et personne n'est destiné à ressentir à jamais telle ou telle émotion.

Mais quel bonheur, quand ces rêves transportent là où je souhaite être. Auprès de ceux que je souhaite voir. Auprès de ceux que je ne peux voir qu'ainsi. Car même lorsque ces rêves sont compliqués, en bonne compagnie, c'est de loin le rêve le plus satisfaisant et apaisant.

Every night, I wait.

lundi 13 mars 2017

Of toxicity : Alimenter les abysses

Personnalité toxique. Personne toxique. Comportement toxique. Autant de termes qu'on entend de plus en plus. Sans renier leur véracité ni leur pertinence, je dois dire que j'apprécie même la révélation de toutes les facettes de ce terme. 

La toxicité de certaines personnes n'est pas toujours identique. Certains empoisonnent notre vie en accumulant les attaques frontales, les sévices psychologiques et physiques. Malgré le potentiel visiblement très intense de nuisance de ces comportements, et par extension de ces gens, dans notre vie, cela reste le plus facile à bannir. On se rend compte que cela n'est ni sain, ni voulu de rester près de ces personnes là.

La toxicité plus insidieuse est aussi plus compliquer à détecter. Et plus difficile à repousser. On peut être toxique à soi-même en se fixant des buts irréalistes, en se convainquant qu'on ne sera jamais assez bien tant qu'on ne ressemblera pas à une telle, untel. Nous arrivons bien souvent à nous empoisonner seuls l'existence. Puis vient bien sûr la question des personnalités toxiques chez autrui. Je suis étonnée, chaque année un peu plus, de voir la tolérance donnée aux personnes toxiques autour de soi. On leur trouve des excuses, on se dit que cela ne nous empoisonne pas tant l'existence. 

Je me souviens de chaque jour où j'ai pris conscience que quelqu'un commençait à devenir un fardeau. Non pas parce que j'avais à m'en occuper. Mais parce qu'ils m'occupaient l'esprit, non pas en bien, mais de pensées parasites, harassantes. C'est aussi ces jours là que l'instinct (Oh, quel instinct... Une chaleur réconfortante m'envahit à chaque fois) et les tripes tirent le signal d'alarme. "Observe, vois le temps perdu, le sommeil troublé, la mâchoire douloureuse d'avoir trop souvent été serrée." Ces gens passifs agressifs qui, l'air de rien, provoquent doute et critiques. Ces gens qui, sous couvert du bien, ne recherchent que leur intérêt. Ces gens qui demandent de l'aide, mais ne recherchent pas de solution réelle, préférant leur statut en demande d'attention et d'aide que la résolution. D'autres encore qui referment peu à peu le poing de la domination sur l'autre, affichant un sourire devant tout le monde et détruisant l'autre une fois en face à face. Peu importe ce qui les a menés là. Sans doute une histoire de vie compliquée, une réponse de l'entourage inadéquate qui les a poussés à adopter ce genre de comportement pour qu'on les regarde réellement. Réparer quelque chose chez eux, en détruisant l'autre au passage. 

Ils alimentent tout ce qui blesse, tout ce qui fait mal, tout ce qui nous précipite au bord du gouffre. Ils encouragent cette vision de nos abysses, avec un angle absolument biaisé. Certains tentent même d'y jeter l'autre lorsqu'ils tentent de s'en sortir. De riposter.

Ici, je ne parle pas de les pointer du doigt et de faire leur procès. D'autres s'en chargent bien mieux que moi. Mais rien n'est plus efficace, avec les personnalités et comportements toxiques, que de s'en éloigner. C'est compliqué, surtout quand en face, la personne toxique cherche à ce que cela continue. Cela culpabilise parfois. Cela rajoute des nuits sans sommeil. Mais le résultat libère. 

Il n'est de meilleure sensation que celle d'être maître de soi et de protéger les siens.

dimanche 12 mars 2017

Of patience : Les méandres calmes

"This too shall pass"

Sans aucun doute, il s'agit de la phrase que je préfère et qui m'accompagne depuis quelques années maintenant. Elle proviendrait d'une fable perse, dans laquelle un roi aurait demandé à un sage de lui faire un anneau qui le rendrait à la fois triste et heureux. Le sage lui donna une bague avec marqué "This too shall pass". Cela aussi, ça passera. Ce n'est pas permanent.

Si certains y voient de la tristesse, dans les moments de bonheur, je dois dire que j'apprécie encore plus cette phrase lorsque je vis des instants de grâce. "This too shall pass". Effectivement. Ce moment parfait va s'évanouir un jour et n'être plus qu'un souvenir. Quelle meilleure manière de profiter totalement de cet instant, afin de garder un souvenir indélébile ? Mais surtout, en période compliquée, ce "This too shall pass" est sans aucun doute ce qui m'apaise le plus. Le mauvais ne durera pas ad vitam. Le calme reviendra, le bon reviendra. La vie passe son temps à basculer de l'un à l'autre. C'est ainsi. 

La patience est parfois difficile à avoir, et certains y sont complètement étrangers. Tout doit être immédiat, toute attente est synonyme de violente frustration. Et pourtant, pour ma part, ça n'a jamais été réellement une corvée. Bien sûr, quelques impatiences, tout le monde en a. Mais dans l'ensemble, attendre n'a jamais été cette occasion insupportable de hurler mon désespoir qu'une situation n'avance pas. Ce n'est pas l'attente qui m'a le plus mise à genoux.

Le peu de foi où j'ai ressenti une impatience intense, elle a souvent été soldée soit par une déception, soit par un échec. Mais... This too shall pass. Je pose mes billes, j'avance, je fais mon possible pour provoquer le destin et les occasions pour que cela marche. Cela ne marche pas... Je chute, je me remets en question, je passe un moment difficile. Mais cela aussi passe, au bout du compte. Je me relève. Je recommence. Et je n'abandonne pas.

J'ai tout le temps du monde pour réessayer et je n'ai clairement pas l'intention de me laisser arrêter. Je patiente. En bonne compagnie toujours, même si elle me rappelle régulièrement que patienter n'est pas rester passif. Qu'il faut avancer malgré tout, mais que sur certains points, oui, il faut faire preuve de calme. De réflexion. Je patiente. J'attends.

vendredi 10 mars 2017

Of lust : Sanctuaire des rives

Me concernant, il existe un lien étroit entre mes sens, absolument tous, et ma vie de tous les jours. J'apprécie festoyer aussi bien avec mes yeux, mes papilles, mon ouïe, mon odorat et bien sûr, mon toucher. La richesse d'une étoffe, la fluidité de l'eau d'une rivière, la dure rugosité d'une pierre façonnée par la mer, l'incroyable frisson du toucher d'une peau. Tout ça me constitue de manière fondamentale. Et m'a définitivement menée naturellement à apprécier, célébrer même l'ardeur enivrante de ce que certains nommeront avec mépris "luxure".

Bien avant ces considérations somme toute réductrice, et liée à une religion qui imposait une morale nouvelle, encore retrouvée aujourd'hui, il existait une réelle célébration, non pas de l'acte pur (même si il était important, et sacré dans certains cas) mais aussi de tout ce qui l'entourait. Il n'y avait pas de honte à désirer, à accepter l'attirance. Ce n'était l'affaire de personne d'autre que ceux impliqués directement. Et si aujourd'hui j'ai trouvé la personne avec qui l'adéquation se fait parfaitement sur ce sujet, cela n'a été qu'un moyen d'attiser la flamme qui était déjà là. Le plaisir de plaire est une chose. La focalisation sur les sens et le beau attise cette tendance. Et quelle tendance agréable, mais ô combien exacerbée par l'adolescence. Au delà des moments de grâce ultime, cela a définitivement été une période riche de ma vie, où chaque soupçon de plaisir, peu importe de quel sens, façonnait l'intérieur même de qui j'étais. Ce corps et cet esprit ne sont pas un temple froid, bien au contraire.

Décomplexée totalement lors de cette rencontre, qui perdure aujourd'hui, quel plaisir de découvrir la puissance même des sens, mieux encore, de la puissance que cela m'a donné à l'intérieur. C'est un cœur solide, un noyau à la fois reposant et exaltant. Celui qui permet de s'émerveiller aussi bien du plaisir d'un lever de soleil que d'une caresse du bout des doigts. Qui s'enflamme lorsqu'on l'attise. Qui ne connait pas la honte de la fausse morale, mais suit uniquement les envies, tant que le respect est présent.

Que les bien pensants crachent sur la luxure et ses dérives, qu'ils reniflent, dédaigneux, en observant ces "païens". Je n'ai trouvé plus doux sanctuaire que dans ses volutes sensuelles.

jeudi 9 mars 2017

Of fear, change and failure : Les sables mouvants

"Hello, darkness, my old friend."

L'appréhension, l'angoisse, la peur... Une petite famille bien unie, et ô combien familière pour moi. Je n'ai jamais été une fan du changement. Peu importe le domaine. Tous les changements étaient pour moi l'occasion de garder à l'esprit tout ce qui pourrait aller mal. Tout ce qui n'est pas optimal. Ce n'est pas tant être perfectionniste que souhaiter avoir une maîtrise sur ce qui arrive. Et le changement, le chaos, la fin d'une chose, le début d'une autre peut tout bouleverser. Et rien n'est exactement parfait.

Le jour où j'ai prononcé les mots "Si je ne me lance pas maintenant, je ne le ferai jamais. Si j'attends le moment parfait, il n'arrivera jamais." j'ai senti ma gorge se serrer. Il faut faire face à ce qui nous fait peur un jour ou l'autre. Et arrêter de penser que cet 'autre' jour nous arrivera clair comme de l'eau de roche. L'autre jour, c'est celui où on prend les commandes. Où on décide d'essayer. Et faire face à la peur.

Cette peur. Celle qui contracte l'estomac. Celle qui nous laisse sans repos. Celle qui fait soupirer, nous encourage à reculer. Celle qui parle à cette partie de soi... L'estime de soi, celle qui nous encourage face aux difficultés ou qui au contraire, battue par la vie, par le passé, par des circuits de pensée destructeurs, nous dit que c'est inutile. Rideau, prends ton manteau et éloigne toi, c'est un challenge bien au delà de tes moyens. Cette conviction profonde, en se basant sur des expériences passées négatives, que nous ne pouvons pas, ne devons pas, ne sommes pas dignes, ne sommes pas capables. Parfois, cela prend même le visage de la raison. Cette raison qui est bien souvent bonne conseillère, travestie en voix disant que ce n'est pas raisonnable, définitivement pas. Cette voix qui nous pousse à secouer la tête et faire un pas en arrière. Cette même qui dit qu'on ne pourra pas essuyer un échec de plus et que toutes les victoires précédentes n'ont été que de la chance. Pour une estime de soi douloureuse et faible, le bon n'est jamais lié à soi, mais aux autres, aux circonstances. Et le mauvais, au contraire, est une croix à porter. Jamais elle ne dira "Ce n'est pas de ta faute", au contraire, elle pointera chaque détail qui aurait pu influer négativement sur la situation.

L’échec. Celui qui fait me remettre en question. A tous les coups. Celui qui arrive comme un couperet, après un effort intense. Pour ne récupérer qu'un goût amer dans la bouche et le vide acide d'avoir échoué. Celui qui me pousse à me juger, non pas sur ce point, non pas à juste remettre en question ce que j'ai fais à ce moment là. Mais bien à mettre au pilori la totalité de l'existence écoulée. De tous les projets. Ce moment où il est plus aisé de dire qu'on abandonne tout. Que c'est une preuve que jamais rien de bien n'arrivera.

Étrangement, cet échec se cantonne au domaine professionnel et éducatif, le plus souvent, pour la plupart des gens, mais j'ai été étonnée de découvrir, de la manière la plus désagréable qui soit que je n'étais pas dans ce cas. Les tâches ratées du quotidien, les rapports humains, la vie personnelle, tout ce qui est raté, manqué, inachevé, dans toutes les sphères, n'est qu'un échec de plus à rajouter au tableau que l'estime pointe d'un doigt impérieux lorsque je me lance dans un nouveau projet, ou quand je réessaye une tâche ratée. Pourquoi tenter, si ça n'a pas marché la première fois ? C'est bien qu'il manque quelque chose en soi pour réussir.

Quand "J'ai raté" devient "Je suis un(e) raté(e)", toute tentative semble futile. On ne tente même plus. On baisse les bras. On oublie à quel point, jusque là, tout a été facile. Ces années où je flottais dans n'importe quel domaine me semble lointain. Cette facilité à tout faire n'est plus.

Et pourtant, chaque fois, je me relève. Et surtout, j'essaye de me relever par mes propres moyens. Je serais tentée de dire seule, mais je ne me sens jamais vraiment seule. Après un temps, bien sûr. Ce temps où je me dis "This too shall pass". La peine s'en ira. La douleur s'en ira. L'amertume aussi. Tout ça s'effacera. Je me prouve que je ne suis pas condamnée à rester au sol, à observer mon sort du bas côté. Un jour, il est juste temps de regarder cette angoisse en face. Serrer la mâchoire. Inspirer un grand coup. Et dire "Hier, je suis tombée. Mais je me suis relevée. Je te regarde en face. J'ai peur. Je suis même terrifiée. Mais j'avance quand même, car je ne te donnerai pas le pouvoir de m'arrêter ici. Et si je dois ne jamais réussir, ce ne sera pas sans m'être battue. Regarde moi bâtir mon trône, car tu ne m'en empêcheras pas."