Me concernant, il existe un lien étroit entre mes sens, absolument tous, et ma vie de tous les jours. J'apprécie festoyer aussi bien avec mes yeux, mes papilles, mon ouïe, mon odorat et bien sûr, mon toucher. La richesse d'une étoffe, la fluidité de l'eau d'une rivière, la dure rugosité d'une pierre façonnée par la mer, l'incroyable frisson du toucher d'une peau. Tout ça me constitue de manière fondamentale. Et m'a définitivement menée naturellement à apprécier, célébrer même l'ardeur enivrante de ce que certains nommeront avec mépris "luxure".
Bien avant ces considérations somme toute réductrice, et liée à une religion qui imposait une morale nouvelle, encore retrouvée aujourd'hui, il existait une réelle célébration, non pas de l'acte pur (même si il était important, et sacré dans certains cas) mais aussi de tout ce qui l'entourait. Il n'y avait pas de honte à désirer, à accepter l'attirance. Ce n'était l'affaire de personne d'autre que ceux impliqués directement. Et si aujourd'hui j'ai trouvé la personne avec qui l'adéquation se fait parfaitement sur ce sujet, cela n'a été qu'un moyen d'attiser la flamme qui était déjà là. Le plaisir de plaire est une chose. La focalisation sur les sens et le beau attise cette tendance. Et quelle tendance agréable, mais ô combien exacerbée par l'adolescence. Au delà des moments de grâce ultime, cela a définitivement été une période riche de ma vie, où chaque soupçon de plaisir, peu importe de quel sens, façonnait l'intérieur même de qui j'étais. Ce corps et cet esprit ne sont pas un temple froid, bien au contraire.
Décomplexée totalement lors de cette rencontre, qui perdure aujourd'hui, quel plaisir de découvrir la puissance même des sens, mieux encore, de la puissance que cela m'a donné à l'intérieur. C'est un cœur solide, un noyau à la fois reposant et exaltant. Celui qui permet de s'émerveiller aussi bien du plaisir d'un lever de soleil que d'une caresse du bout des doigts. Qui s'enflamme lorsqu'on l'attise. Qui ne connait pas la honte de la fausse morale, mais suit uniquement les envies, tant que le respect est présent.
Que les bien pensants crachent sur la luxure et ses dérives, qu'ils reniflent, dédaigneux, en observant ces "païens". Je n'ai trouvé plus doux sanctuaire que dans ses volutes sensuelles.
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