J'ai appris aujourd'hui qu'une femme qui avait été active dans le milieu de la prévention autour des maladies mentales était morte. Elle avait lancé le tatouage d'un point virgule pour montrer que la personne aurait pu choisi d'arrêter sa vie, mais que ce n'était qu'une pause. Une respiration. Et que ce n'était pas un point final. Le "Project Semicolon" était destiné à la prévention contre le suicide et la sensibilisation aux maladies mentales. C'est avec une réelle tristesse que j'ai appris que cette femme était décédée. Et qu'il semblait établi qu'il s'agissait d'un suicide.
Vivre aujourd'hui n'est pas toujours facile. Les pressions sont énormes, les aides nombreuses mais le pas vers elles souvent rarement fais. C'est compliqué d'accepter l'aide, compliqué de ne pas tomber dans les clichés et les travers du jugement d'autrui. De ne pas être heurté par ceux qui disent que les dépressifs devraient prendre sur eux et se secouer. Que les anxieux devraient un peu se détendre, qu'il n'y a pas de quoi avoir si peur. Que les bipolaires devraient essayer de se rendre compte de leurs sautes d'humeur. Que les phobiques devraient regarder leur peur en face. Que les addicts devraient se rendre compte qu'ils se plongent dans la dette, qu'ils font du mal à ceux qui les entourent et qu'ils devraient avoir un peu plus de self control. Qu'il suffit de volonté. Et je pourrais continuer ainsi sur des paragraphes.
Non. Ce n'est pas facile. Ce n'est pas de la fainéantise. Ce n'est pas de la comédie parce qu'il n'y a pas de cellules cancéreuses, parce qu'il n'y a pas de plaie, parce qu'il n'y a pas de fracture visible. C'est une douleur que certains ont peur, ont honte d'exprimer. Et pourtant, cette santé, la santé invisible, c'est une de celles qui compte à mes yeux. Énormément. Tous ces gens qui ont des problèmes somatiques, physiques, mais qui ont un moral incroyable et un entourage soutenant, ces gens soulèvent des montagnes. Un homme à la santé physique de fer mais à l'esprit tourmenté est une bombe à retardement, pour lui ou pour les autres. Il glisse lentement et termine au fond d'un puits, sans savoir comment en sortir. Et les petites phrases fleurissent "Comment est-ce que ça a pu arriver ?" "Il avait l'air si heureux." "Il n'avait pas l'air comme ça." "Il n'avait pas l'air malheureux."
Les gens font semblant. On doit tous être heureux, dynamique, motivé, en forme. Mais il suffit de faire un petit tour de table anonyme, ou même sur le net, pour voir que beaucoup sourient pour ne pas montrer la douleur qui les pétrit, jour et nuit. Je me souviens de cette époque où j'étais prête à tout pour m'assurer que quelqu'un ne souffre pas si il comptait à mes yeux. Ca a peu changé, aujourd'hui, seuls les gens changent et la méthode aussi. La maladresse était le lot de la jeunesse, elle arrive encore parfois, je ne suis pas parfaite et je ne le serai jamais. En revanche, cette envie, ce feu qui me pousse à tenter d'apaiser le mal qui ronge en silence, sans se faire voir... Il a toujours été là, aussi fort que l'instinct qui me pousse à protéger ceux que j'aime et repousser de mon entourage ceux qui m'empoisonnent.
Mieux vaut être solide pour ceux qu'on protège et se montrer aussi inflexible qu'un roc quant il s'agit de leur sécurité et leur épanouissement.
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