mercredi 29 mars 2017

Of envy : Couleur de l'herbe

L'herbe est toujours plus verte dans le pré d'à côté. 

L'envie ne m'est pas étrangère, loin de là. En même temps, qui n'a jamais souhaité avoir ce que son voisin possédait ? Non pas pour lui voler. Simplement pour avoir une possession équivalente. Nous voyons souvent ce que nous souhaitons vivement, sans voir les inconvénients, le chemin accompli jusque là. Nous ne voyons que la réussite, en grande partie parce que les gens ne montrent pas leurs échecs. 

Je connais cette sensation de voir là où en est arrivé quelqu'un et me dire que c'est injuste, pourquoi pas moi, pourquoi je n'ai pas telle maison, telle vie, telle chance, tel parcours, des parents comme ceci, des enfants comme cela, des opportunités... Je connais aussi cette sensation résignée de se dire que non, ce ne sera pas ma vie, sur ces points là. C'est ainsi. Ce n'est pas une question d'effort, ou de chance, c'est juste un chemin différent qu'a pris mon existence. Je me souviens encore du jour où on m'a dit "Tu n'as pas encore 25 ans, tu ne peux pas être défaitiste à ce point." alors que ce n'était pas être défaitiste. Non, je n'aurai pas une superbe villa paisible et hors de prix. Non, je n'aurai pas la possibilité de traverser le monde. C'est une question de logique. En souhaitant avoir une maison, ou une vie de famille confortable, on réduit forcément les possibilités de bouger. En bougeant, on se met à la dèche et on est obligé de prendre des disponibilités au niveau professionnel, chose qui est et va devenir de plus en plus compliqué, encore plus pour les jeunes. Et non, il n'est pas utile, peu importe son âge, de rêver à des choses qu'on aura jamais au niveau matériel. J'adorerais avoir un confort incroyable, des possibilités magiques de faire ce qui me fait envie, d'embarquer ma petite famille et de voir que le monde est un endroit magnifique. C'est le cas, le monde est merveilleux. Mais la vie de tous les jours pèse plus lourd, et à 25 ans comme à 45, parfois il faut juste faire preuve de réalisme.

Ce n'est pas grave, c'est un choix. On en fait régulièrement, certains sont difficiles. Certains regrettés. Mais chaque choix, surtout important, résulte d'une réflexion réelle. Peser le pour et le contre. Avec le recul, parfois, on se dit qu'on aurait pu faire autrement. Il est pourtant fort probable que les choses n'auraient en réalité pas pu aller dans un autre sens. Et ce n'est pas se consoler que de ruminer ce qui aurait pu être. Ce n'est pas. Il faut se concentrer sur ce qui peut être à l'avenir.

Je crois que même si j'arrivais à réaliser quelques rêves très matériels, très basiques, j'en resterais étonnée. Et très sincèrement, je préfère être étonnée que plongée dans la désillusion. L'herbe est bien sûr plus verte dans le pré d'à côté. Mais c'est dans notre pré à nous qu'on construit quelque chose. Et même en s'évertuant à le verdir à notre façon, il est une chose que nous n'aurons jamais : Le pré d'à côté. 

Je préfère être surprise que déçue, du coup, je préfère ne rien attendre.

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