Prendre des décisions fermes et définitives est une chose que j'aime faire. Je n'aime pas revenir encore et encore sur mon avis, à moins d'une excellente raison qui me fasse analyser à nouveau la situation. Je prends du temps pour arriver à un choix, et ce n'est pas pour rien. Je préfère être sûre de moi pour ne rien regretter. C'est ma plus grande appréhension. Le regret. Du coup, je prends parfois des jours, des mois, voire des années avant de me sentir prête à faire quoique ce soit, si la situation ne va pas ouvertement contre une de mes valeurs. Pour prendre en compte tous les scenarii, ne pas regretter quoique ce soit. Peser le pour et le contre avant d'ouvrir ou porte ou la fermer. Et lorsque je dois revenir sur une décision, au vu de nouveaux éléments, cela me prend souvent autant, si ce n'est plus encore, de temps.
Mais entre la prise de décision et la nécessité de la prendre existe cette période d'incertitude. Un choix cornélien demande une réflexion à grande échelle, des situations diverses, un réel retour sur soi, aussi. Mais il existe aussi des situations, et de loin les plus anxiogènes à mes yeux, où l'incertitude ne vient pas de moi. Elle existe car je ne suis pas celle à prendre la seule décision. C'est une situation où je peux aussi bien réussir qu'échouer, et ça ne repose pas que sur moi. Malgré toute la préparation, les heures passées à me demander si la situation est idéale, je sais qu'une partie de l'issue ne repose pas sur moi mais sur des facteurs sur lesquels je n'ai aucune prise.
Cette même incertitude arrive parfois aussi avec certaines personnes. Lorsque je ne sais pas exactement quoi penser d'elle, que j'ai trop peu d'informations, je commence à analyser tout ce que fait, dit, montre cette personne. Les échos que j'ai d'elle. J'essaye de trouver un juste milieu afin de ne pas me faire avoir, mais de ne pas faire preuve de trop de préjugés non plus, ce n'est pas le but. Avec le temps et l'expérience, j'ai réalisé que j'étais plus méfiante et ça a rarement été un mal. Mais les extrêmes que je peux ressentir à la fois pour une personne que j'ai du mal à cerner me donnent la mesure de mon incertitude, mon incompréhension. Je comprends la fascination mêlée d'une certaine défiance. J'ai même déjà compris comment amour et haine pouvaient se mêler sur un même plan. Le curseur entre les deux est plus modulable qu'on peut le penser.
Je vis encore aujourd'hui dans l'incertitude, concernant de nombreuses choses. Me lancer dans des projets majeurs, transformer mes relations avec certaines personnes, tenter de continuer ou non à faire preuve de curiosité, sans savoir si je veux connaitre les réponses à mes questions... Il existe des domaines où on pense qu'on veut savoir et où la réponse fait mal. C'est ainsi. Le plus dur choix est probablement de se demander si son intérêt surpasse l'angoisse. Bien souvent, j'opte pour savoir, en particulier en terme de connaissances théoriques et approfondissement des choses. Probablement parce que la curiosité fait partie de ma personnalité. J'écoute, je lis, j'apprends. Je vois beaucoup de choses qui se passent, et j'enregistre ce que j'observe, souvent plus que pensent les gens d'ailleurs. Et lorsque j'en sais beaucoup, assez pour me faire une idée, je passe à autre chose.
Et au moins, une fois qu'on a la réponse, inutile de revenir dessus, cela ne reviendra plus nous hanter et pourra être classé.
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