mercredi 19 avril 2017

Of grief : Un nouveau passage

Cela fera bientôt 10 ans qu'une personne qui m'est chère est décédée. A vrai dire, c'était un pilier dans ma vie et lorsque j'ai vu les effets de son décès, au delà du deuil, je me suis étonnée à voir revenir le mien. Pas le deuil qui fait pleurer et met au fond du trou. Plutôt celui qui montre comme un vide ne peut être re-rempli derrière, quand une personne ou même un animal s'en va. Et c'est tant mieux. Car ces êtres étaient irremplaçables et ils doivent rester ainsi. 

On ne remplacera jamais quelqu'un qui est parti, lorsqu'il avait une place importante dans notre vie. C'est un vide normal, qui peut faire mal au départ, mais qui n'a rien de négatif. Au contraire, ça montre qu'on a aimé, ou détesté, qu'on a ressenti. Et après tout, la vie, c'est ça aussi. Ressentir. En bien, en mal, mais se construire. Ce vide ne doit pas chercher de béquille, même si il donne le vertige. C'est un puits à souvenir, et il s'agit de ne garder que les meilleurs, à la surface. Lorsqu'une personne s'en va, le travail de deuil consiste à réussir à vivre sans cet être. C'est très difficile, surtout lorsqu'on était proches, mais c'est nécessaire. Un deuil, de quoique ce soit, s'achève bien souvent sur la fin de la douleur, intense, et le fait de se dire "Il y a eu des bons moments". C'est à ce moment là que les mauvais s'estompent, et les bons persistent. Garder la douleur, c'est ne pas se sentir encore à même de se libérer de tout ça. De cette envie que le vide soit re-rempli à nouveau. 

Il ne se remplira pas. Et parfois, il faut juste l'accepter pour ce qu'il est. Un départ, un changement. De nouvelles lumières sur de vieux souvenirs. La nostalgie et non pas l'acide et envahissante douleur que ça ne reviendra plus. 

Je doute que le travail de deuil commence toujours au départ, à la mort. Parfois, elle commence avant. Lorsque la décision de laisser partir quelqu'un se profile. Ce n'est pas un abandon. C'est accepter de voir la vie telle qu'elle est : Jalonnée d'étapes, d'une fin. Il parait que le plus dur est pour ceux qui restent. Il est difficile d'en être certain, mais une chose est sûre, vouloir maintenir quelqu'un qui souffre, qui n'est plus heureux d'être là, près de soi, c'est faire un choix égoïste. Mettre son confort, son bonheur, avant celui de l'être qui nous est cher. C'est ne pas vouloir être abandonné. Il est dur de ne pas se sentir laissé de côté quand l'être cher s'en va. Mais il ne s'en va pas pour faire du mal. Il ne s'en va pas pour qu'on le suive. Il ne s'en va pas en se disant que le vide qu'il laissera sera énorme, dans une jouissance presque sadique. 

Il s'en va parce que son chemin l'éloigne de nous. Il s'en va parce que l'heure était arrivée qu'il parte. Et en passant devant ce vide, laissé par cette personne, il y a 10 ans, qui retenait mon monde à bout de bras, je ne peux me souvenir que de ces bons moments de complicité, ces instants qui n'appartenaient qu'à nous. Ces petites habitudes. En espérant simplement qu'aujourd'hui, où que soit cette personne, elle soit bien, ou en tout cas, ni malheureuse, ni au supplice. Peu importe les croyances, peu importe les destinations.

Juste bien.

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