mardi 18 avril 2017

Of growing up : La fausse frontière

J'ai toujours entendu énormément d'adulte dire à leurs enfants "Tu comprendras quand tu seras plus grand", "Tu sauras quand tu seras plus âgé", "C'est un sujet de grandes personnes". Bien plus aisé pour eux, mais un gouffre d'incompréhension pour les enfants, encore plus lorsqu'ils grandissent. Avec le temps, une chose que j'ai pu découvrir, c'est que ces étapes, ces barrières qu'on pense franchir en s'en rendant compte, dans la vie, n'existent pas. 

Combien autour de moi, tout comme moi, ont pensé en étant en primaire que le collège, c'était être un grand, y arriver et ne pas se sentir différent, se dire "Quand j'aurai quinze ou seize ans, je me sentirai adolescent, plus sûr de moi, plus complet." et se retrouver le bec dans l'eau une fois arrivé à l'échéance ? Cela commence par les demandes de la famille, souvent. "Sept ans ? L'âge de raison, qu'est-ce que ça fait ?" Je me souviens encore de l'excitation de grandir, remplacée progressivement par l'incrédulité, puis l'indifférence. "Dix-huit ans ? Tu es majeure, alors, qu'est-ce que ça fait ?"

Rien. La réponse est : Absolument rien. Après ça, le cap des 20 ans est peu différent. On part du lycée en se disant que l'université, ou le monde du travail pour certains, sera une étape qui nous donnera la sensation de se sentir un peu plus sûr de ses connaissances, de ses capacités, moins anxieux par rapport au futur. "Les adultes savent ce qu'ils font, ils ont toujours l'air de savoir où ils vont, je ne suis pas encore un grand, parce que je ne comprends pas tout." Et cela jusqu'au jour où on réalise que l'administration ne nous considère plus comme un enfant. Que les sujets sont ceux des adultes, mais qu'on en sait pas plus. Que les plus jeunes se tournent vers nous quand ils ont besoin d'un adulte responsable. On ne sait pas quand la transition est arrivée, on a pas reçu le memo. Mais on est là. Et on se demande "Est-ce qu'il y a pas un adulte qui sait mieux adulter que moi dans l'assistance ?!

Je n'ai jamais été considérée comme trop petite pour comprendre par une seule personne autour de moi, heureusement la plus structurante et la plus proche. Je me suis faite à l'idée qu'au final, on en sait pas plus. L'enfance et l'adolescence, c'est ne pas savoir, mais pouvoir avoir quelqu'un qui nous guide. Etre adulte, c'est faire ça sans filet. On peut parler autour de soi, mais la plupart du temps à des gens qui, au final, n'ont pas plus d'idée que soi sur la gestion du problème. Enfant, et même adolescent, on fait confiance à ce que nous disent ces adultes qu'on pense capable de tout expliquer.

Puis avec le temps, on se rend compte qu'ils ne savent pas forcément. Qu'ils mentent parfois sur la réalité pour ne pas dire "Je ne sais pas". C'est leur hantise, dire "Je ne sais pas." Etre mis face à la réalité : Ils ne sont pas différent, dans le domaine, que leur enfant. Et alors ? Quel mal y a t-il a ça ? Quel mal y a t-il à mettre de côté le "Tu sauras quand tu seras plus grand" et passer au "Je ne sais pas, et si on essayait de découvrir ça ensemble ?

Ca prend du temps, certes. Et oui, parfois le discours doit être adapté. Mais combien aujourd'hui ne se sentiraient pas si loin de ces adultes qui "savent mieux" et arrivent eux-même à l'âge adulte, si les grands avaient simplement accepté qu'être adulte n'est pas un état magique, et que chaque jour, ils peuvent apprendre quelque chose, eux aussi ? Être adulte n'est pas tout savoir. C'est être incertain. C'est avoir peur de monstres différents, la nuit. Mais c'est aussi, pourquoi pas, une opportunité de se dire qu'on peut se construire, grandir et aider les autres à avancer, peu importe l'âge, sur le chemin de la confiance. Confiance dans le fait qu'on peut toujours évoluer. Que la vie n'est pas une succession de stades. C'est une continuité. A chaque réalisation qu'on a dépassé une étape, c'est aussi accepter que la précédente est terminée non pas parce que c'était "Comme ça" mais parce que soi-même, on a passé un cap. 

Personne n'est maître de l'évolution d'autrui. Alors pourquoi ne pas simplement l'encourager ?

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