vendredi 14 avril 2017

Of sharing : Pierre à l'édifice

Il n'y a rien de plus étonnant dans la vie que les gens qu'on peut rapprocher de soi, ou qui rejoignent notre cercle parfois. On est surpris... Et encore plus lorsque les relations sont réelles. Pas de faux semblants. Rencontrer des gens qui sont comme nous. Des goûts différents, des avis différents. Mais la même façon de voir la vie... Et surtout cette même complicité qui nous lie.

Que tout cela vienne de celui que j'aime m'emplit d'une étrange sensation. Je suis heureuse. Et à la fois... Je m'interroge sur ces années qu'ils ont passé loin de lui. C'est un lien caché, qui n'a rien du sang. Et pourtant... Quelle férocité du lien. Quelles interactions de qualité. Loin de parler du beau temps dans l’ascenseur, de l'approche des élections à la caisse... C'est parler avec plus de sincérité que jamais. Pouvoir parler de tout et de rien. Ne pas cacher la vaironne. Ne pas cacher quoique ce soit. Être vrai. Partager ça avec des gens qui comprennent enfin.

Bien sûr, j'avais beaucoup d'appréhension mais... Quelle expérience hors du commun. Je me surprends encore à sourire en pensant à eux. Je souhaite les protéger, profondément, passer du temps avec eux. Simplement être là pour eux. Et apprécier pleinement cette manière dont ils m'ont accueillie...

Je me souviens aussi tout ce qui m'est passé par la tête... Cette vieille estime pourrie jusqu'à l'os, ce regard croisé, hagard, dans le miroir. Me disant que ce n'était absolument pas le visage de celle qu'ils aimeraient voir, qu'ils auraient espéré. Et encore moins son corps. Ni cette insécurité chevillée au corps.

"Je crois que tu ne te vois pas telle que tu es. Parce que je ne vois absolument rien qui cloche chez toi, bien au contraire. Regarde toi. Tu es rayonnante."

C'est comme s'il cherchait à appuyer sur le point qui fait mal. Mais pas pour le faire saigner. Pour le faire guérir. Je me souviens des paroles de chacun, et rien de négatif. Je me souviens de sa main, si douce sur ma joue. Elle qui avait juste l'air heureuse d'être là. De partager. De savoir que je garderais contact. Savoir qu'elle n'avait pas besoin de se cacher, au contraire, que je lui demander de garder contact aussi. Je me souviens de l'odeur de son parfum et du goût de baies. Et bon sang, quel sourire adorable. Et quelle conversation... C'était comme si le temps n'existait plus.

Il n'y a pas eu un seul malaise, chez qui que ce soit. J'étais en compagnie de celui que j'aimais. Et ceux qui comptent, de plus en plus. De ceux avec qui je partage déjà beaucoup. Qui ne jugent pas. Qui donnent la sensation qu'être dans une pièce pleine de gens ne fait pas de l'inconfort une fatalité.

Cela me rappelle cette sensation, depuis si longtemps, depuis que j'étais si jeune. Que quelque chose clochait, que je ne m'intégrais pas. Qui s'est poursuivie, ensuite. La lassitude des relations. La sensation de n'être là que pour que mes valeurs soient foulées au pied, d'être au coeur d'un chantage émotionnel tissé autour du mensonge, parfois... Mais non. Là, rien de tout ça.

Il semble que je n'avais simplement pas trouvé ceux qui m'attendaient. C'est lui et l'ombre tigrée aux yeux ambrés, c'est l'amour qui me les a apportés. Ce sont eux que je veux garder près de moi. Ils ne partagent pas la vision de meute, mais ils comprennent le principe de groupe soudé et complice, intime. Ils comprennent. Et ils n'ont pas peur. Ils veulent juste garder le lien et rester proches, malgré l'éloignement, les kilomètres. Juste être au sein d'un groupe vrai et aimant.

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